Aux sources magiques de l’empire du Mali

Une exposition à Paris ravive le souvenir de Soundiata Keïta, empereur du Mali au XIIIème siècle. Deux cent dessins font revivre son parcours flamboyant.

Le musée des arts d’Afrique et d’Océanie, à Paris, propose actuellement une histoire en deux cent dessins de Soundiata Keïta, empereur du Mali au XIIIème siècle. Le parcours de visite consiste en une biographie illustrée par les dessins de l’artiste sénégalais Konate Dialiba, complétée par des extraits musicaux et par un spectacle de griots le samedi après-midi.

Soundiata Keïta, empereur du Mali de 1230 à 1255, fut long à marcher. Paralysé des deux jambes dans son enfance, et vexé des humiliations et des moqueries que sa mère et lui subissaient journellement, il décida un matin :  » Aujourd’hui verra ce qu’aucun jour n’a vu « . Et Soundiata marcha enfin,  » à pas de géants « . Ceux qui ne le croient pas, huit siècles et demi plus tard, ne peuvent croire non plus que le lendemain de ses premiers pas, le fils du roi manding déracina un gros baobab pour le porter devant la case de sa vénérée mère, afin qu’elle n’eût plus à se déplacer pour en cueillir les feuilles. Ils ne croient pas non plus que quelques années plus tard, Soundiata, adolescent exilé par la jalousie de ses demi-frères, revint de la chasse en portant la dépouille d’un éléphant sur ses épaules.

Une puissance majeure

Les dessins de Konaté Dialiba rendent pourtant sensibles ces réalités magiques, disséminées au long d’une geste dont la trame est historiquement avérée. Ce destin flamboyant, c’est celui d’un valeureux guerrier devenu empereur, créateur et maître d’une culture qui s’étendit, au XIVème siècle, de l’Atlantique jusqu’à l’actuelle Niamey, recouvrant l’ancien empire du Ghana.

A la mort de Soundiata Keïta, l’empire du Mali (du nom de la métropole que lui donna Soundiata Keïta) alliait les trois Etats indépendants de Mali, Méma et Ouagadou. Il les cimentait par l’Islam, mais aussi par le commerce qui en fit l’une des puissances majeures du bas Moyen Age. Les représentations espagnoles, françaises ou italiennes décrivent abondamment la richesse en or du  » Rex Melli « .

Le trait du dessinateur, moderne mais savant quant à cette culture – le père de l’artiste fut griot -, est empreint de la puissance sereine de cet apogée. L’oeuvre est vivement colorée, riche de détails précis. Hommes et femmes y tiennent toujours le centre du motif. Leur regard – qui jamais n’est oblique -abolit toute distance entre eux et nous. Bienvenue en terre mandingue !

Soundiata Keïta, dessins de Konaté Dialiba et paroles de griots

Jusqu’au 15 janvier 2001 au Musée national des arts d’Afrique et d’Océanie

293, avenue Daumesnil, 75012 Paris

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h à 17 h 30.