Automobile : des pièces détachées de la réglementation

Le fisc de Yaoundé s’agace du trafic de pièces automobiles. Dans toute l’Afrique, la vente de pièces détachées d’occasion échappe le plus souvent au contrôle des Etats et des constructeurs. En cause, la recherche permanente du plus bas prix.

 » Des pièces détachées illégales ? Franchement, nos concessionnaires ne s’en plaignent pas.  » Christian Leroy, directeur-adjoint pour l’Afrique du constructeur automobile français Peugeot, ne s’émeut pas d’apprendre que la province de Yaoundé organise, jusqu’au 20 décembre, une chasse aux vendeurs informels de pièces pour véhicules d’occasion. L’hebdomadaire camerounais Le Patriote insiste pourtant sur la  » prolifération inquiétante  » de telles structures ne respectant pas la réglementation commerciale.

Début décembre, après trois semaines de  » rationalisation « , 42 magasins de la province du Centre avaient déjà été mis sous scellés, démontrant s’il en était besoin l’ampleur du phénomène. La sérénité du représentant de Peugeot est néanmoins compréhensible :  » Les gens qui achètent des véhicules neufs, où les occasions relativement récentes que l’on trouve dans les réseaux commerciaux des constructeurs se méfient des pièces de contrebande.  »

A contrario, l’organisation Africa Business a établi qu’à l’échelle du continent, 30 % de la demande de pièces de rechange concernait des  » importations parallèles « . Le prix étant le principal atout des commerçants dans ce segment du marché, les vendeurs sont souvent tentés de  » s’abstenir  » de s’acquitter des taxes et patentes afin de préserver leurs marges.

Contrebande et contrefaçon

Dubai, la capitale des Emirats arabes unis, est la principale plaque tournante de ce trafic en partie légal. Le port du Golfe persique accueille surtout des pièces japonaises, le plus souvent d’occasion, que des grossistes africains achètent ensuite en grandes quantités pour les détailler dans leurs pays d’origine.

Dans d’autres cas – semble-t-il fréquents au Cameroun -, des garagistes se procurent des pièces sur des véhicules vendus comme épaves par les compagnies d’assurance, ou bien acquis à des enchères organisées par la police. Ces pièces sont le plus souvent en bon état. Enfin la Chine populaire, qui est un très petit pays de construction automobile, est en revanche un grand pourvoyeur de pièces détachées adaptables à toutes les marques et de très bas prix.

Comme l’explique Christian Leroy,  » il n’y a rien à dire tant que ces pièces ne modifient pas es caractéristiques des véhicules. Mais il arrive parfois que l’on ait affaire à de véritables contrefaçons, qui peuvent se révéler dangereuses « . Il y a une dizaine d’années, Peugeot a ainsi été confronté au cas de faux systèmes de direction pour son modèle pick-up, l’un des plus populaires en Afrique. Fort heureusement, les pièces contrefaites cassaient en général dès la sortie du garage.