Auteure de la « sourate du Coronavirus », Emna Chargui un test pour la liberté d’expression en Tunisie

Emna Chargui

La blogueuse tunisienne Emna Chargui, auteure de la « sourate du Coronavirus » fait face au juge tunisien, ce jeudi 2 juillet 2020. Elle est jugée à Tunis pour avoir relayé une sourate du Coran, dans le but d’inciter les gens à prendre des dispositions visant à éviter la propagation du Covid-19, en se lavant notamment les mains.

Alors qu’elle pensait participer à la lutte contre le Coronavirus dans son pays, la Tunisie, en relayant notamment sur les réseaux sociaux une sourate du Coran visant à appeler les « fidèles » à observer des gestes barrières, se laver les mains, entre autres, la blogueuse Emna Chargui s’est retrouvée devant le juge tunisien.

Jugée ce 2 juillet à Tunis, Emna Chargui, 27 ans, n’a pas que amusé ses followers. Pour avoir déclenché la colère des autorités tunisiennes qui ont dit leur indignation face à ce qu’ils qualifient de blasphème, le blogueuse encourt une peine de trois ans de prison assortie d’une amende de 2 000 dinars d’amende (environ 620 euros).

Les faits remontent au mois de mai dernier, alors qu’Emna Chargui partageait sur Facebook la « sourate du Coronavirus », un texte rédigé par un internaute algérien vivant en France. La particularité de ce texte est qu’il reprend la forme d’une sourate de verset coranique, invitant les internautes à se laver les mains au moment où le Coronavirus faisait son expansion.

La blogueuse est alors convoquée par la police le 4 mai. Elle tombe sous le coup de l’article 6 de la Constitution tunisienne. Le 7 mai, elle est inculpée pour incitation à la haine entre les religions en utilisation de procédés hostiles ou de violence. Son procès début ce 2 juillet et le verdict est attendu le 13 juillet. Un procès test grandeur nature pour la liberté d’expression en Tunisie.