Audiovisuel : l’Egypte sans concurrent

Les productions égyptiennes ont toujours régné en maître sur l’audiovisuel arabe. L’Union égyptienne de radio et de télévision, présente au Marché international des programmes de télévision de Cannes (France), nous explique pourquoi. Interview de Maha Darwish, directrice du marketing international.

Seul pays africain, avec l’Afrique du Sud, représenté par le stand d’une de ses entreprises au Marché international des programmes de télévision 2002 (Mip TV) de Cannes (15-19 avril), l’Egypte est l’éternel ténor de l’audiovisuel arabe. Maha Darwish, directrice du marketing international de l’Union égyptienne de radio et de télévision, explique les raisons d’une domination sans partage.

Afrik : Comment expliquez-vous le succès des productions égyptiennes ?

Maha Darwish : L’Egypte est le premier pays arabe à avoir fait des films cinéma. Cela a participé à diffuser notre culture à travers tous les pays arabes, à faire connaître nos stars. Avec le temps, nous avons accumulé de l’expérience. Expérience sur laquelle nous capitalisons aujourd’hui. Le Caire est devenu un lieu incontournable pour le cinéma arabe. Ce n’est pas pour rien que L’Egyptian media production city (située dans la ville du 6 Octobre, en banlieue du Caire, ndlr), dont l’Union égyptienne de radio et de télévision est actionnaire, est appelé le Hollywood de l’Est.

Afrik : La domination des productions égyptiennes procède uniquement d’avantages historiques ?

Maha Darwish : Pas seulement. Nous avons également un avantage au niveau de la langue. L’arabe égyptien peut être compris dans toute l’Afrique du Nord, à l’inverse d’un arabe tel que l’arabe tunisien.

Afrik : Vous ne vendez vos programmes qu’en Afrique du nord ?

Maha Darwish : Oui, essentiellement, pour ce qui est de l’Afrique. Mais nous vendons également au Soudan, à Djibouti, en Somalie et au Kenya. D’une manière plus large, nous vendons beaucoup en Iran, en Malaisie, en Indonésie, en Turquie. Nous avons quelques acheteurs moins réguliers en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon et même en Chine. Nous avons notre propre Mip, le Cairo international market for radio and télévision programs, dont c’est la huitième édition cette année (du 7 au 10 juillet 2002, ndlr).

Afrik : Quels genres de programme produisez-vous ?

Maha Darwish : De tout, des documentaires, des drames, de la variété, des films, des fictions du sport. Mais le secteur le plus important reste peut-être celui des séries.

Afrik : Uniquement en arabe ?

Maha Darwish : Oui. Nous nous chargeons parfois du sous-titrage, mais le plus souvent nous fournissons le script aux acquéreurs, soit en arabe soit en anglais, pour que les acheteurs traduisent dans leur langue nationale. Certains font le choix du sous-titrage, d’autres, comme souvent en Afrique, préfèrent le doublage voix.

Afrik : Quels sont vos concurrents au niveau de la production arabe ?

Maha Darwish : La télévision égyptienne existe depuis 1960. Elle est présente au MIP à Cannes depuis 1972. Nous sommes les premiers à avoir lancé notre satellite télé. Aujourd’hui, nous en avons deux, Nilesat 1 et Nilesat 2. Nous avons trois chaînes nationales, six chaînes locales, neuf thématiques et deux télévisions par satellite. Certaines fonctionnent 24h/24 d’autres 18h par jour. Et tous les programmes sont des productions égyptiennes. Rien que pendant le mois du Ramadan, 16 à 18 séries sont produites uniquement pour l’occasion. Chaque chaîne en commande au moins quatre. (Avec un sourire) Est-ce que vous pensez que quelqu’un dans le monde arabe peut rivaliser avec ça ?