Au Maroc, le roi n’est pas le plus riche

Bien qu’il soit le 7e monarque le plus riche au monde, Mohammed VI n’est en tout cas pas le plus fortuné de son pays.

Plus riche que Crésus. Les 2,5 milliards de dollars du roi Mohammed VI (estimation Forbes) ne font pas le poids face à deux adversaires : Miloud Chaâbi et Othman Benjelloun. Tous deux ont fait fortune en dehors des cercles de la monarchie. Miloud Chaâbi est, en 2012, à la tête d’une fortune d’environ 2,9 milliards de dollars, selon Agoravox. Ce qui fait de lui l’homme le plus riche du royaume. Il est, à 83 ans, à la 6ème place du classement Forbes des 40 milliardaires africains.

Othman Benjelloun, PDG de BMCE Bank et de Finance.com, possède, quant à lui, 2,6 milliards de dollars. Il est la deuxième fortune du pays.

Pourtant, contrairement à Benjelloun, Chaâbi n’est pas très connu. Discret, peu médiatisé… Mais qui est Miloud Chaâbi ?

Ambition, richesse et modestie

Né en 1929 à Chiadma, un village près d’Essaouira, Miloud Chaâbi prend, dès son plus jeune âge, son envol en quête d’une vie meilleure. Un départ qui changea le cours de sa vie. Nous sommes au lendemain de la seconde Guerre mondiale, le jeune homme vagabonde de village en village, de souk en souk à la recherche de petits jobs avant de prendre pied dans la ville de Kenitra, à 40 km au nord de Rabat. Il devient maçon et à 19 ans, il crée sa propre entreprise dans laquelle il emploie deux personnes. Dans les années 50, il se lance dans la promotion immobilière en achetant et revendant des terrains. Sa réussite, il l’explique de la manière suivante : « Depuis la création de ma première entreprise en 1948, je n’ai jamais touché de dividendes. C’est un terme que je ne connais pas, car je réinvestis tous mes gains dans de nouveaux projets ».

Mais la plus grosse fortune du royaume garde les pieds sur terre. Il aurait, selon Agoravox, refusé d’élever ses enfants dans l’opulence. Il ne cède pas si facilement aux caprices. Une richesse qui ne se lisait pas forcément dans la tenue vestimentaire de ses enfants : « Faouzi, son deuxième fils, s’habillait on ne peut plus normalement, raconte un de ses anciens camarades de classe. Nous ne l’avons jamais cru quand il nous a dit que son père était très riche, jusqu’au jour où ce dernier [Miloud Chaâbi] est passé le récupérer à la sortie de l’école, au volant d’une voiture de luxe »

Durant les années de plomb au Maroc, Chaâbi s’exporte à l’international. D’abord en Libye où il investit, dans les années 60, dans des projets de BTP. Puis en Tunisie, où il installe dans les années 80 une usine de tuyauterie, aujourd’hui encore en activité. Enfin, en Egypte, où il crée dans les années 90 une usine de batteries pour automobiles. Il participe actuellement à l’édification d’un gigantesque projet immobilier près du Caire : « Madinate Nasr, une ville nouvelle de deux millions de logements. Il a par ailleurs investi dans d’autres pays africains comme le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Mali ou encore la Mauritanie.

Le groupe YNNA holding, dirigé par Miloud Chaâbi, emploie actuellement 20 000 personnes au Maroc. Son fils, Omar, qui a fait ses études aux Etats-Unis, dirige et pilote les entreprises et les projets de Chaâbi père en Tunisie, en Egypte et en Jordanie (dans les cimenteries, ndlr). Il s’est également lancé dans des projets touristiques aux Emirats Arabes Unis et en Guinée Bissau.