Au Mali, la situation est jugée inquiétante par les Nations Unies

Le gouvernement malien a confirmé que les affrontements survenus dans le nord du Mali le 21 mai avaient fait 32 morts et 31 blessés dans les rangs de l’armée et des rebelles touaregs, et Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, a qualifié la situation dans le pays de « préoccupante ».

« Ce dernier incident souligne la nécessité de trouver d’urgence une issue immédiate et durable à ce conflit récurrent, afin que le Mali puisse se concentrer sur ses priorités en matière de développement et sur la consolidation de la démocratie dans le pays », a indiqué M. Ki-moon, dans une déclaration prononcée par son porte-parole le 22 mai, à New York.

Au Mali, selon les officiers de l’armée et les observateurs, l’ampleur de l’attaque menée le 21 mai par les rebelles contre le Groupement de la garde nationale d’Abeibara, une localité située à 150 kilomètres au nord de Kidal (nord), traduit l’audace de plus en plus prononcée qui caractérise les tactiques employées par les rebelles, ainsi que leur force de combat accrue, un phénomène inquiétant.

D’après leurs suppositions, plusieurs groupes rebelles auraient uni leurs forces pour déclencher cette attaque.

En avril dernier, après plusieurs mois d’échauffourées, d’enlèvements et d’attaques menées contre les structures de l’armée, les rebelles et le gouvernement avaient conclu une trêve, sous les auspices de la Libye.

Au Niger voisin, une autre rébellion touareg se poursuit. Selon une source proche de la rébellion malienne, les rebelles continueront à mener des attaques tant que le gouvernement n’engagera pas de négociations sur l’autonomie politique et économique de la région nord du pays, dominée par les Touaregs.

« Après le refus des autorités maliennes de poursuivre un dialogue sérieux et sincère, les Touaregs en rébellion déduisent que la partie gouvernementale ne cherche qu’à gagner du temps pour continuer à renforcer le dispositif militaire », a affirmé la source.

Hama Ag Sid Ahmed, porte-parole de l’Alliance Touareg Nord Mali pour le changement, a présenté les revendications des rebelles dans un communiqué, publié à la suite de l’attaque.

« Pour sortir de la crise actuelle », pouvait-on lire dans ce communiqué, « nous souhaitons que les autorités centrales maliennes associent rapidement les partenaires techniques et financiers du Mali, des représentants de la classe politique malienne et des médiateurs internationaux à une reprise de dialogue qui tient compte du contexte actuel et de l’élargissement du conflit aux autres régions du Nord ».

Avant de conclure la trêve négociée par la Libye, le gouvernement malien avait rejeté les demandes de négociation des rebelles, les accusant de dissimuler, par des revendications politiques et économiques déraisonnables, leur véritable objectif : contrôler les itinéraires empruntés par les contrebandiers pour transporter des armes, de la drogue, du carburant et d’autres produits illicites à travers cette vaste région désertique.

Les recherches menées par les Nations Unies ont montré qu’il était nettement moins coûteux d’empêcher un élargissement des conflits que de lancer des opérations de maintien de la paix et de secours d’urgence après le début d’un conflit.

Dans les années 1990, une précédente révolte des Touaregs dans le nord du Mali et au Niger avait incité des centaines de milliers de civils à se réfugier dans les pays voisins et avait donné lieu à une opération de secours de grande envergure et à plusieurs cycles de négociations successifs.

M. Ki-moon a indiqué que Saïd Djinnit, son Représentant spécial en Afrique de l’Ouest, devait se rendre au Mali et qu’il l’informerait des dernières évolutions de la situation.