Au chevet de la forêt africaine

La première réunion du partenariat pour la protection de la forêt du bassin du Congo s’est ouverte ce mercredi à Paris. L’organisation a pour but de permettre une exploitation économique saine du poumon de l’Afrique.

Créé en marge du sommet de la Terre de Johannesburg le 4 septembre dernier, le partenariat pour la protection de la forêt du bassin du Congo tient sa première réunion à Paris depuis mercredi. Les multiples participants – pays, Fonds monétaire international (FMI), Organisations non gouvernementales (ONG), entreprises – devront y  » rassembler leur énergie et leurs idées afin d’élaborer un plan à long terme pour la conservation du bassin forestier », déclare Jeffry Burnam, secrétaire adjoint pour l’environnement au département d’Etat américain.

Développement durable

L’initiative concerne six pays africains (Gabon, Congo, Cameroun, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale et République centrafricaine) – sur lesquels s’étend l’essentiel de la forêt tropicale africaine (145 millions d’hectares). Le plus grand  » poumon vert  » de la planète après la forêt amazonienne. Mais également celui dont le taux de déforestation est le plus élevé au monde.

Le partenariat souhaite permettre le développement et l’exploitation économique de ce patrimoine sans mettre en péril ses capacités de régénération. Pour se faire, les membres du partenariat devront mettre la main à la poche. Les Etats-Unis, qui plaident en faveur de coopérations entre secteur public, privé, ONG et associations locales, prévoient de verser 53 millions de dollars sur cinq ans au projet. La France, également partenaire, avec la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon et l’Afrique du sud, versera – quant à elle- 15 millions de dollars sur trois ans.

Exploitation forestière prise en compte

« Pourquoi avec des objectifs qui sont identiques à ceux des programmes précédents et avec les mêmes bailleurs de fonds, ce nouveau programme aurait des résultats meilleurs ? « , se demande Samuel Nguiffo, secrétaire du centre pour l’environnement et le développement du Cameroun. Pour sa part, Jean Boussiguet, coordonateur du Plan national pour l’environnement du Gabon, constate une nouveauté. La prise en compte des considérations économiques.  » Jusque-là, explique t-il, on mettait l’accent sur la seule conservation. Désormais, on intègre l’exploitation forestière. Si les forêts sont bien gérées, elles constitueront une ressource durable ». Le Gabon, qui a récemment créé 12 parcs nationaux et s’est lancé dans l’industrialisation de sa filière bois, recherche depuis peu à développer l’écotourisme. Un secteur qui lui permettrait de répondre aux exigences environnementales mondiales, tout en favorisant l’entrée de devises, l’investissement et la création d’emplois.

Pour ce faire, l’aide internationale ne sera pas de trop. Une aide que les principaux pourvoyeurs comptent peut-être récupérer lors de partenariats avec les pays pétrolifères de la région. Un investissement à long terme, somme toute.