Au Burundi, la justice populaire fait 5 tués et une vingtaine de blessés

La justice populaire, c’est à dire la colère des personnes spoliées et de leur voisinage, a fait plusieurs morts ces derniers jours au Burundi.

Un homme a été lynché à mort par une foule de villageois en colère contre une « tentative de vol de deux chèvres » dans un ménage, dans la nuit de dimanche à lundi, à Makamba, une province du sud du Burundi, a rapporté le correspondant local de l’Agence burundaise de presse (ABP).

La victime n’était pas seule sur le coup et l’un de ses complices embusqué dans un buisson a failli commettre l’irréparable en lançant dans la foule une grenade dégoupillée, blessant 19 villageois, dont 7 grièvement, selon la même source.

La justice populaire a également fait un mort parmi un groupe de bandits armés qui tentait de dévaliser un ménage, le week-end dernier, à Kamenge, a annoncé, pour sa part, la radio nationale du Burundi, citant des sources policières dans ce quartier populaire de la périphérie nord de Bujumbura.

D’autres informations de la même radio ont fait état, lundi, d’un ancien militaire de Bubanza, plus au nord-ouest du Burundi, qui s’est également fait justice, dimanche, en blessant grièvement à la grenade son ex-épouse qui ne voulait pas lui céder la garde d’un enfant.

Un père de famille et son fils ont, en outre, été tués, dans la nuit de dimanche à lundi, à Cibitoke, toujours au nord-ouest du pays, dans un autre attentat à la grenade dont les auteurs et le mobile n’ont toutefois pas été précisés par radio Burundi.

Une grenade a également endommagé un véhicule en stationnement dans un ménage de Ngozi, au nord du pays, toujours dans la nuit de dimanche à lundi, selon la même source.

Bujumbura, la capitale du Burundi, n’a pas été en reste dans la folle nuit de dimanche et l’on signale de source policière une personne tuée et deux autres blessées par balles des hommes armés non encore identifiés, suite à une attaque d’un bistrot de Bwiza, un quartier du centre-ville de la capitale burundaise.

Les armes résiduelles de la décennie écoulée de guerre civile ne cessent de faire des victimes au Burundi où l’on estime aujourd’hui encore à plus de 100.000 ménages encore équipées d’engins de la mort légers et de petits calibres.

Les règlements de comptes, sur fond de conflits fonciers ou de croyances obscurantistes, ainsi que le banditisme à main armée, sont autant de causes qui poussent les Burundais à appuyer facilement sur la gâchette.