Attentat en Somalie : les Shebabs replongent Mogadiscio dans la terreur

Les rebelles Shebabs ont attaqué mercredi 19 juin 2013 le bureau du Programme des Nations-Unies pour le Développement (Pnud), un complexe de l’ONU à Mogadiscio, dans la capitale somalienne. L’attaque, revendiquée par les islamistes Shebabs, a fait un lourd bilan : neuf morts, selon les autorités, dont six employés de l’ONU.

“Nos commandos ont attaqué le complexe de l’ONU. Nous avons déclenché une explosion et sommes entrés dans le complexe, où nous affrontons actuellement les forces infidèles », déclare par téléphone un haut responsable Shebab à l’AFP.

Une déclaration qui intervient quelques instants après qu’un complexe de l’ONU à Mogadiscio soit pris d’assaut par les terroristes. Le bilan est déjà très lourd. Les autorités officielles des Nations-Unies faisaient état mercredi de neuf morts dont six employés de l’ONU.

Le bilan pourrait s’alourdir car, selon des sources anonymes, au moins trois civils somaliens ont également été tués dans les rues alentour, pris dans les échanges de tirs entre assaillants et forces somaliennes et onusiennes. Les assaillants ont tous été tués. « Les forces somaliennes et onusiennes ont envahi le complexe et ont tué les sept attaquants », affirme Abdoullah Ousmane, officier de police.

Des terroristes Shebab assassinés, mais le groupe se montre plus féroce et poursuit ses menaces. « L’opération était destinée à montrer à l’ONU qu’elle ne trouverait aucun refuge sûr en Somalie », lance le porte-parole du groupe Ali Mohamed Rage, alias Ali Dheere. Avant d’ajouter : « c’est un avertissement pour les mécréants qui rêvent de violer les droits du peuple somalien à l’avenir ».

« La feuille de route continue d’être menacée »

Les Shebabs n’en sont pas à leurs premières attaques terroristes sur le territoire somalien. En mai 2012, une attaque-suicide revendiquée par les Shebabs islamistes avait fait au moins six morts dont deux députés. Les Shebabs avaient revendiqué les attaques, précisant qu’il s’agissait d’ « une attaque contre l’ennemi ».

Les autorités de l’Union Africaine (UA) et de l’ONU avaient alors fait part de leur indignation. «La feuille de route continue d’être menacée par des actes d’individus et de groupes à l’intérieur et à l’extérieur de la Somalie, qui s’évertuent à saper le fragile processus que nous avons collectivement établi ces derniers mois », avaient-elles martelé.

En avril dernier, la police ougandaise dit avoir des preuves tangibles que les rebelles Shebabs préparaient un plan d’attaque contre l’Est de l’Afrique. Le porte-parole de la police ajoute que l’Ouganda avait adopté des mesures rigoureuses en vue de neutraliser le complot Shebab.

L’intervention militaire française au Nord Mali a probablement radicalisé la position des islamistes Shebabs. Une intervention militaire qui les avait poussés à assassiner en janvier dernier Denis Allex, un otage français détenu depuis 2009.