Attaques terroristes en Egypte : le bilan passe à près de 120 morts

Le groupe terroriste État islamique (EI) a perpétré, ce mercredi, une série d’attaques sans précédent contre l’armée dans la péninsule du Sinaï en Egypte. Près de 120 personnes ont trouvé la mort dont 100 terroristes.

Après cette vague d’attentats coordonnés, ce mercredi matin, contre quatre points de contrôle et barrages routiers, des affrontements ont éclaté dans l’après-midi à Cheikh Zouweid entre soldats et assaillants. Avant de se retirer, les djihadistes ont miné les abords d’un commissariat à Cheikh Zouweid pour empêcher l’arrivée de renforts. Ils se sont positionnés sur les toits des immeubles alentour pour attaquer le bâtiment avec des lance-roquettes. Deux heures après des avions de chasse type F-16 de l’armée ont ensuite bombardé les positions des terroristes qui se sont finalement retirés, après près de huit heures d’affrontement.

Un premier bilan de cette journée sanglante, avancé par des responsables de la santé et de la sécurité a fait état d’au moins 70 personnes tuées, la plupart des soldats. Mais par la suite l’armée a annoncé dans un communiqué que seulement 17 soldats tués et 100 terroristes abattus au lieu de 38 précédemment annoncé. Aucune explication concernant l’écart entre les deux bilans n’a été fournie. Ces attaques ont provoqué les plus lourdes pertes dans les rangs de l’armée au Sinaï où le groupe terroriste Beit Al-Maqdess rebaptisé « la Province du Sinaï » mène régulièrement des attaques contre les forces de l’ordre et ce, depuis la destitution de l’ex-Président islamiste Mohamed Morsi, renversé par l’actuel Président, alors chef de l’armée.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le groupe, qui a rejoint les rangs de l’EI, a revendiqué ces attaques contre plus d’une quinzaine de barrages militaires, précisant que trois kamikazes avaient participé aux assauts. Les terroristes affirment agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi, qui a fait plus de 1 400 morts et des centaines de condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’histoire récente » du monde. Le Président islamiste d’ailleurs lui-même a été condamné à mort pour attaques contre la police et des évasion de prison durant la révolte de 2011 qui a provoqué le chute de Président Hosni Moubarak.

Dans la même journée de ce mercredi près du Caire, neuf membres des Frères musulmans ont été tués dans un raid mené dans un appartement, par la police dont l’ancien parlementaire Nasser Al-Houfi, un des leaders de la confrérie.

Ces attaques interviennent le surlendemain de l’assassinat du procureur général d’Egypte, Hicham Barakat, visé par une bombe lors du passage de son véhicule au Caire. Le lendemain, trois personnes sont mortes lors de l’explosion de deux engins placés dans leur véhicule. Quelques heures plus tard, le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, promet des amendements aux lois de procédure pénale et une législation plus dure pour « lutter contre le terrorisme ». Ce mercredi, le gouvernement a approuvé une nouvelle loi antiterroriste qui prévoit notamment « des procédures pour assécher les sources de financement du terrorisme » et doit « offrir une justice rapide et venger nos martyrs », selon un communiqué.