Attaque d’une flottille à Gaza : inquiétude sur le sort de la délégation algérienne


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Drapeau de l'Algérie
Drapeau de l'Algérie

Trente-deux membres de la délégation algérienne seraient portés disparus, après l’attaque des commandos israéliens, lundi, contre la flottille internationale de militants pro-palestiniens qui se dirigeait vers la bande de Gaza. Composée de six bateaux, elle comptait briser l’embargo, en livrant 10 000 tonnes d’aide humanitaire aux 1,5 millions de Ghazaouis.

« Nous étions en contact par téléphone satellitaire avec le chef de la délégation algérienne (composée de députés, de journalistes et des médecins), mais la communication a été interrompue deux heures avant l’agression », a déclaré lundi à l’AFP le chargé de communication du Mouvement algérien de la société de la paix (MSP, islamiste), Mohamed Djema. « Des informations non confirmées font état de deux victimes », a-t-il ajouté. Ce groupe de 32 personnes, conduit par le MSP, serait à bord d’un bateau acheté en Turquie, portant le drapeau national.

Pour l’heure, le MSP qui fait partie, avec le Front national de libération (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND), de l’Alliance présidentielle, est « en réunion de crise » et attend « une réaction de l’Etat algérien et une condamnation internationale unanime de cette attaque, condamnable et inamissible ». « Connaissant cet Etat (Israël, ndlr) hors-la-loi, on n’est pas surpris de cette attaque contre un convoi humanitaire qui transporte des vivres pour la population de gaz », a précisé M. Djema pour qui « Israël bénéficie du soutien des pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, et de la complaisance de l’ONU ».

Des circonstances encore floues

Au total 19 passagers de la flotte auraient été tués et 36 autres blessés dans le raid mené par l’armée, selon un dernier bilan donné par la chaîne de la télévision israélienne 10. De son côté, une ONG turque qui participait à l’opération humanitaire navale évoque un bilan de 15 victimes, en majorité turques. Les circonstances de l’attaque demeurent encore floues. D’après un communiqué de presse de l’armée israélienne, « des soldats israéliens ont été confrontés à de dures violences physiques. Certains des passagers ont utilisé des armes blanches et des armes de poing et on a tenté aussi d’arracher l’arme d’un des soldats. Face à la nécessité de défendre leur vie, les soldats ont employé des moyens anti-émeute et ont ouvert le feu».

Une version différente de celle du journaliste de la chaine arabe al-Jazeera. «Des centaines de soldats israéliens attaquent la flottille, et le capitaine de notre bateau est grièvement blessé. Je vous appelle en cachette, des centaines de soldats israéliens ont attaqué la flottille de la liberté et les passagers du bateau à bord duquel je me trouve se comportent avec beaucoup de courage», a indiqué Abbas Nasser qui se trouve toujours à bord d’un des bateaux.

Avant le départ de la flottille, le président du Comité pour la levée du blocus et député palestinien indépendant Jamal al-Khoudari avait exhorté la communauté internationale à protéger les militants contre les menaces d’interception.

Pour en savoir plus, le récit du journaliste d’Al-Jazeera :

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