Attali propose à Sarkozy l’immigration pour doper l’économie française

Alors qu’il doit être remis officiellement le 23 janvier prochain au président français Nicolas Sarkozy, le rapport de la Commission pour la libération de la croissance présidée par l’intellectuel Jacques Attali a été rendu public jeudi par le journal français Le Figaro. Ce groupe de travail préconise l’emploi de la main d’œuvre étrangère pour faire face aux difficultés à venir du marché du travail. Une solution bien éloignée des desseins du chef d’Etat Français qui annonçait, la semaine dernière, vouloir instaurer une véritable politique de quotas.

La relance de la croissance par l’immigration. L’idée ne manque pas de piquant. Cette proposition de la commission pour la libération de la croissance présidée par Jacques Attali, l’ancien sherpa de François Mitterrand, devrait être remise entre les mains du président français Nicolas Sarkozy le 23 janvier, a-t-on appris, jeudi, du quotidien français Le Figaro. Quatre mois qu’une quarantaine de personnalités planchent sur les pistes à adopter pour retrouver la croissance économique perdue. Un travail de titans qui compte, de l’aveu même de son concepteur, plus de trois cent propositions.

Sur l’immigration, il semblerait, selon le journal français, que les rapporteurs de cette commission se soient ralliés à l’idée que la France doit « faciliter la délivrance de visas aux étrangers ». D’après les experts, l’Hexagone est obligé de faire appel à une main d’œuvre étrangère, « une source de création, de richesse, donc de croissance », pour faire face aux difficultés à venir du marché du travail. Une circulaire du ministère de l’Economie et des Finances estime en effet qu’à l’horizon 2015, la France aura un besoin de recrutement de 750 000 personnes par an.

Une proposition controversée

Une solution qui risque de ne pas faire l’unanimité au gouvernement. Et pas seulement. Jean-Marie Le Pen, le président du Front National, interrogé sur la chaîne télévisée LCI, jeudi, a jugé cette proposition « absurde et criminelle », à l’image de la politique d’immigration menée de puis 30 ans et qui a abouti, selon lui, à faire entrer en France « dix millions d’étrangers ». Selon lui, « Il y a une politique alternative (…), c’est celle d’encourager la natalité française ».

Lors d’une conférence de presse, mardi dernier, Nicolas Sarkozy a réaffirmé vouloir « mettre en œuvre une vraie politique de quotas d’immigration en fonction des capacités ». La mesure prise par la commission pour la libération de la croissance prend le contre-pied de la ligne de conduite de Nicolas Sarkozy qui plaide pour une maîtrise des flux migratoires depuis 2002. Preuve en est, la politique du chiffre de Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration, de l’intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, qui visait à atteindre les 25 000 expulsions fin 2007.

La relance de la croissance par l’immigration vient tordre le cou au programme politique de Nicolas Sarkozy, qui devra juger de la viabilité de cette proposition le 23 janvier prochain. Le président français, qui souhaite tant s’attirer les bonnes grâces de l’électorat du Front National, penchera t-il plutôt pour la proposition de M. le Pen ? Affaire à suivre…