Athlétisme en Ouganda : un entraîneur suspendu pour abus sexuel

Le parlement ougandais a ouvert une enquête suite aux plaintes d’une douzaine d’athlètes féminines accusant un de leurs entraîneurs de les avoir harcelées et abusées sexuellement.

L’affaire est qualifiée de « honte nationale ». Le monde ougandais de l’athlétisme, dont les protagonistes tentent de rivaliser avec les géants kényans et éthiopiens, se trouve entaché par un scandale. Un scandale pour lequel le Parlement ougandais a décidé d’ouvrir une enquête. Des athlètes féminines de l’équipe nationale d’athlétisme accusent l’un de leurs entraîneurs de les avoir soumises à du harcèlement et des abus sexuels.

L’affaire a éclaté il y a quelques semaines. Plusieurs médias locaux reportaient alors le cas de plusieurs athlètes féminines qui, en vue de la préparation des championnats d’Afrique de cross-country, avaient passé un mois dans un camp d’entraînement au cours duquel elles affirment avoir reçu des visites nocturnes d’un de leurs entraîneurs. C’est à ce moment-là qu’il aurait soumis les coureuses à du harcèlement et des abus sexuels. Selon leurs déclarations, l’entraîneur aurait ainsi profité de la proximité du camp d’entraînement pour tenter de gagner leurs faveurs, n’hésitant pas à dire à certaines d’entre elles qu’elles devaient « avoir des relations sexuelles ou être mères pour être plus rapides », rapporte l’AFP.

Moses Kispiro expose publiquement l’affaire

Mais le scandale a véritablement pris de l’ampleur après que Moses Kispiro, double médaillé d’or des Jeux du Commonwealth, ait relayé publiquement la plainte de ses collègues féminines. Une dénonciation qui lui aurait valu d’être écarté de l’équipe nationale par la fédération ougandaise d’athlétisme lors des championnats du monde de semi-marathon.

« C’est une honte nationale qu’un entraîneur puisse harceler ces jeunes filles et s’en tirer sans conséquences », déplorait mardi la présidente de l’Association des Femmes Parlementaires d’Ouganda, Betty Amongi, auprès de l’AFP. « Nous ouvrons une enquête en tant que Parlement afin que le coupable soit arrêté et puni pour le harcèlement sexuel de ces athlètes féminines ». Le porte-parole de la police, Fred Enanga a confirmé mardi qu’une enquête criminelle était en cours.

L’entraîneur, dont l’identité n’a pas été révélée, a été suspendu suite aux auditions d’une douzaine d’athlètes à la fin du mois de mars.