Arsène Angelbert Ablo primé pour son roman «Cœurs d’Etat»


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Arsène Angelbert Ablo
Arsène Angelbert Ablo

Avec son roman Cœurs d’Etat, l’écrivain ivoirien Arsène Angelbert Ablo a remporté le premier prix du concours littéraire des Régions Francophones. Sa victoire a été célébrée ce mardi à l’université de La Sorbonne, à Paris. La récompense prévoit que son ouvrage soit pris en charge par une maison d’éditions.

Trois-mille exemplaires du manuscrit de Cœurs d’Etat seront bientôt disponibles à la vente. Arsène Angelbert Ablo, son auteur, peut s’en féliciter. En remportant le concours des Régions Francophones, il décroche le gros lot. Organisée par l’Association Internationale du même nom (AIRF), cette initiative souhaite faire émerger de nouveaux talents parmi les auteurs francophones. Arsène Angelbert Ablo, 36 ans, qui a célébré sa victoire à l’université de la Sorbonne, à Paris, en présence de son père, vient d’assurer l’édition et la diffusion de son livre. Une aubaine pour cet auteur amateur, déjà primé en Côte d’Ivoire lors des « manuscrits d’or 2007 », et qui a publié la pièce de théâtre Ah ! Ce ventre en 2000, aux éditions L’Harmattan. En franchissant cette nouvelle étape, Arsène Ablo nous montre qu’il a décidément plus d’un bouquin dans son sac. Rencontre.

Afrik.com : Votre ouvrage Cœurs d’Etat s’inspire d’une histoire familiale. Comment a-t-il été accueilli par les vôtre, justement?

Arsène Angelbert Ablo :Je dois avouer qu’au départ, seul mon père était informé du fait que mon roman parlait de ma grand-mère maternelle. Tout de suite, il m’a beaucoup soutenu, c’est pourquoi j’ai voulu qu’il m’accompagne à Paris pour la remise de mon prix. Lorsque je lui ai fait part de la bonne nouvelle, il m’a dit qu’il attendait de tenir le livre en main pour organiser une grande fête en mon honneur. Je crois qu’il est très fier de moi. Puis, au fur et à mesure, le bouche à oreille à fonctionné et toute la famille a été au courant du thème précis de mon ouvrage. C’est la première fois que je m’inspire d’une histoire familiale mais cela s’est bien passé, alors pourquoi ne pas recommencer.

Afrik.com : Etes-vous resté très proche à la manière dont s’est réellement déroulée
l’histoire de votre grand-mère?

Arsène Angelbert Ablo : La trame de mon histoire est presque identique au drame qu’a connu ma grand-mère; seulement, au final, je me suis finalement laissé emporter par un récit plus romancé, que j’ai trouvé bien plus drôle à imaginer puis à construire. Il s’agit d’une histoire d’amour mêlée à des intrigues politiques qui a failli gâcher la bonne entente entre deux villages, à l’époque postcoloniale. J’ai quand même voulu respecter la vérité historique; tout en conservant l’émotion de cette histoire. C’est mon père qui me l’a racontée, car je n’ai pas connu ma grand-mère.

Afrik.com : Justement, pouvez-vous nous dévoiler un peu l’histoire de votre ouvrage ?

Arsène Angelbert Ablo : L’histoire raconte la vie de deux sœurs africaines, dont l’une d’entre elles était ma grand-mère maternelle. Elle fut chargée de s’occuper d’un chef de village blessé venu à la rencontre des habitants de cette bourgade. En s’occupant de lui, elle apprend à le connaître et va finir par tomber amoureuse de cet homme assez mystérieux. Guéri, celui-ci décide de retourner chez lui. Pourtant, il est également amoureux de sa jeune infirmière, et il réussit avec une certaine habilité, à convaincre le père de la jeune fille de la laisser l’accompagner. Le père de cette dernière accepte à condition que son meilleur guerrier parte avec eux. Il a pour mission d’en profiter pour en apprendre davantage sur l’inconnu. Histoires d’amour, d’injustice et de trahison sont abordées pêle-mêle dans mon roman.

Afrik.com : Aujourd’hui, vous venez de remporter ce concours avec un roman. Pourtant, vous avez publié une pièce de théâtre et vous écrivez aussi de la poésie…

Arsène Angelbert Ablo : Je suis plutôt à l’aise dans tous les genres littéraires. J’ai commencé l’écriture avec la poésie à laquelle mon père m’a initié. Il a toujours été présent pour m’aider et me faire progresser en matière d’écriture. Ensuite, je suis passé aux pièces de théâtre. J’ai d’ailleurs fait mon baptême d’écrivain par la publication de ma première pièce de théâtre aux éditions l’Harmattan; il y a neuf ans. Pourtant, j’ai hâte de montrer ce que je peux proposer dans d’autres registres car j’aime me lancer des défis. Avec Coeurs d’Etat, j’ai découvert les contraintes de taille de la nouvelle car il s’agit d’être concis. Cela me servira forcément pour d’autres livres. Maintenant, j’aimerais me lancer dans la poésie et publier un recueil, pourquoi pas ?

Afrik.com : Une nouvelle corde à votre arc ?

Arsène Angelbert Ablo : J’aime beaucoup les poèmes, j’en ai déjà écrit pas mal pour mon compte personnel. Ce que j’y apprécie c’est de pouvoir jouer avec les mots comme dans aucun autre registre littéraire. Au niveau du théâtre, je viens aussi de finir l’écriture de Guantana…maux. Egalement, je prépare activement ma prochaine pièce qui s’appelle Wouya wouya africaine. Wouya est un terme nouchi tiré du dioula qui veut dire n’importe quoi, qui fait désordre. Dans cette pièce, j’y dénonce toutes les voix dissonantes des Africains qui n’arrivent pas à s’entendre, à avoir un projet commun, sortir du sous-développement. C’est peut-être un sujet que j’aurais l’occasion d’aborder avec mes compatriotes africains, ici en France.

Afrik.com : Est-ce la première fois que vous venez en France dans le cadre de votre passion?

Arsène Angelbert Ablo : Non, en fait c’est la deuxième fois que je me rends en France pour mes livres ; la première fois c’était pour la sortie de la pièce de théâtre en 2000. Je ne vis pas encore de mes œuvres, mais j’espère pouvoir concilier cette passion des mots avec mon activité professionnelle. Ecrire m’apporte une réelle satisfaction. Quand je publie un livre, il peut trouver un succès commercial, intéresser un réalisateur pour une adaptation cinématographique ou je peux remporter des prix littéraires. Quoi qu’il en soit, cela permet de progresser et de se faire connaitre du public. Et ce n’est pas négligeable pour un écrivain amateur.

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