Arrestation de Wilson Pondamali sur fond de censure du site Zambian Watchdog

Le journaliste zambien, Wilson Pondamali, a été arrêté le 17 juillet dernier. Il est accusé d’être en possession « d’informations classifiés ». Son arrestation survient le jour même où l’accès au site populaire d’informations, Zambian Watchdog, est restreint. Simple coïncidence ou existe-t-il un lien entre ces deux faits ?

Le journaliste zambien, Wilson Pondamali, a été arrêté le 17 juillet et accusé de possession « d’informations classifiées ». D’après l’AFP, la police a perquisitionné le domicile de Pondamali et trouvé des documents compromettants au sujet du Président zambien, Michael Sata. De plus, la police affirme également avoir trouvé des preuves reliant Wilson Pondamali au populaire site d’informations citoyennes, Zambian Watchdog (chien de garde zambien). Ce dernier a subi une série de difficultés techniques et des menaces indirectes de représentants du pouvoir au cours des derniers mois. Le site qui est connu pour critiquer ouvertement le gouvernement zambien, ne fonctionnait plus le jour de l’arrestation de Wilson Pondamali.

Censure du site par le gouvernement ?

Lors de la perquisition au domicile de Wilson Pondamali, la police a trouvé des informations suggérant que le Président zambien Michael Sata « n’est pas apte à gouverner ». Ses documents ont sans doute motivé la décision du gouvernement de bloquer le site sur tous les réseaux mobiles du pays. Des lecteurs hors de la Zambie ne pouvaient pas accéder au site Web sur différents navigateurs. En retour, le site d’informations a changé de domaine ce qui a eu le don d’agacer un des internautes du site qui estime que le fait de changer de domaine consiste à répondre aux pressions du gouvernement, mais aussi un risque de perdre des lecteurs. Le blogueur Nyalubinge Ngwende estime que « c’est la première fois depuis le retour de la Zambie au multipartisme, il y a 22 ans qu’une publication est confrontée de manière incessante au gouvernement, au point de fermer complètement et que tous les journalistes soupçonnés d’avoir des liens avec cette publication soient emprisonnés par pure coïncidence ».

Journalistes arrêtés pour sédition

Thomas Zyambo et Clayson Hamasakapour, deux journalistes zambiens, ont été interpellés, le 9 juillet dernier, pour sédition, a indiqué le lendemain leur avocat, Keith Mweemba, qui accuse le gouvernement de s’en prendre à leur site d’informations en ligne, Zambian Watchdog, critique envers le régime du Président Michael Sata. Les enquêteurs ont d’abord examiné leurs ordinateurs pour savoir s’ils envoyaient ou recevaient des articles du site d’informations, puis les ont accusés « d’intentions séditieuses », a souligné leur avocat, Maitre Keith Mweemba. Le journal Zambian Watchdog qui accuse le régime de corruption ne rend pas publique l’identité de ses journalistes pour les protéger. La sédition est un chef d’accusation qui va de la critique du gouvernement à l’incitation à la rébellion et est passible d’une peine maximum de sept ans de prison.

Le gouvernement de par les arrestations de journalistes du pays et la fermeture du site Zambian Watchdog démontre son intolérance face aux médias indépendants et critiques du pays.