Arrestation de François Compaoré : un signal positif

Arrestation de François Compaoré : Survie salue un signal positif et appelle à ce que la coopération avec la justice burkinabè s’approfondisse.

L’arrestation à l’aéroport Charles-de-Gaulles de François Compaoré, petit frère du dictateur burkinabè déchu en octobre 2014, en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par le juge Yaméogo, qui enquête sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses compagnons de route, le 13 décembre 1998 au Burkina Faso. Selon son avocat, Me Olivier Sur, François Compaoré doit désormais être présenté à la justice française sous 48 heures.

Pour Thomas Borrel, porte-parole de l’association Survie, « c’est une bonne nouvelle qu’un suspect majeur comme François Compaoré soit enfin arrêté en France, alors qu’il se targuait récemment dans la presse de pouvoir circuler librement dans l’Hexagone. Ce premier signal positif doit désormais être suivi d’autres actes essentiels à la coopération avec la justice burkinabè : l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso pour qu’il y soit jugé dans le cadre de l’affaire Norbert Zongo, mais également la création d’une commission rogatoire au sujet de l’assassinat de Thomas Sankara. Dans le cadre de cette autre affaire, la demande du juge d’instruction burkinabè est pour le moment restée sans suite, ce qui empêche notamment de demander la levée du secret défense sur certaines archives ».

Une tribune collective publiée dans Libération le jour du 30ème anniversaire de l’assassinat du président burkinabè Thomas Sankara, le 15 octobre, rappelait que l’impunité dans ces deux dossiers ne peut qu’empoisonner les relations entre la France et le Burkina Faso, où le renversement populaire d’un dictateur soutenu par Paris a exacerbé l’espoir de justice.