Arrestation d’une trentaine de « Frères Musulmans » en Egypte

Les forces de sécurité égyptiennes ont arrêté une trentaine de « Frères Musulmans », dont Ibrahim Zaafarani, le Secrétaire général de l’Union médicale d’Alexandrie, dimanche, à l’aube, pour la plupart pendant qu’ils étaient à leurs domiciles, a-t-on appris de source officielle.

Ils sont détenus pour « leur appartenance à une organisation interdite » et pour tentative de diffuser les idées de ce groupe. Selon les autorités, des tracts visant à « tromper » le pays ont été confisqués.

L’agence de presse semi-officielle MENA a rapporté mardi que les personnes interpellées ont été présentées au Procureur d’Alexandrie pour les besoins de l’enquête.

Ces arrestations interviennent alors que le gouvernement et les partis d’opposition préparent les élections municipales du mois d’avril, qui ont été repoussées de deux ans en 2006 à la suite de l’apparition surprise des « Frères Musulmans » lors des élections législatives précédentes.

Gamal Abdel Nasser avait interdit cette organisation en 1954 après l’avoir accusée d’avoir fomenter une tentative d’assassinat contre sa personne, mettant ainsi fin à des années de relations cordiales entre le pouvoir.

Cependant, le mouvement interdit a obtenu 88 sièges sur les 454 à l’Assemblée en présentant des candidats indépendants.

Les élections municipales sont traditionnellement remportées par le Parti démocratique national (NDP, au pouvoir), mais ces dernières années et particulièrement depuis les élections législatives de 2005, le scrutin est devenu plus serré.

Selon la loi égyptienne, les candidats doivent obtenir au moins 250 signatures des responsables élus, dont 65 des membres de la Chambre basse du Parlement, 25 de la Chambre haute et 10 des membres des conseils municipaux.

Les observateurs estiment qu’en raison des victoires des « Frères Musulmans » au Parlement, l’obtention des signatures requises ne leur sera pas aussi difficile qu’auparavant, ce qui donnera à l’organisation l’opportunité de présenter un grand nombre de candidats « indépendants », étant donné que les partis politiques basés sur la religion sont interdits en Egypte.