Arcel Diamana alias Sisa Bidimbu : reporter par défaut d’une guerre sanitaire

Arcel Diamana alias Sisa Bidimbu est un homme multi tâches au service de la culture et de l’information. L’enfant du quartier Kinsoundi est aujourd’hui dans un rôle à contre courant pour couvrir l’actualité au profit de la nation.

Né au Congo, issu d’une fratrie de trois enfants dont il est le benjamin, Arcel Diamana, plus connu sous le nom de Sisa Bidimbu, grandit au quartier Kinsoundi de l’arrondissement 1 Makélékélé, bercé par son père sur des airs d’Ok Jazz, des Bantous de la Capitale ou encore de Zaiko Langa Langa. C’est lors de ses études de production vidéo et de conception de site web à Ancône, sur la côte adriatique en Italie, que Sisa Bidimbu créé en 2014 le média en ligne « La Congolaise 242 ». Une plateforme pour ne pas accentuer certains regrets dans le constat qu’il porte quant aux difficultés du développement de la culture Congolaise. Chemin aidant il travaille aujourd’hui à la post production de la chaine de télévision Vox Congo mais pas que…

Il n’a pas sa langue et son micro dans la poche, sa caméra n’a pas froid aux yeux et il ne prend pas forcément de gants pour écrire l’actualité dans un état d’urgence. Comme d’autres reporters du secteur privé et pour la pluralité de l’information, Sisa Bidimbu, est amener, contre nature, à défier par les temps qui courent le confinement. Une sorte de « Reporter de guerre » par défaut, une guerre qui porte le nom de Covid19 dans laquelle, mêlant risque et passion, il est envoyé au front. Reporter pour la chaine de télévision Vox Congo et manager général pour le site La Congolaise 242, Sisa a pour autant plus d’affinités avec la culture qu’avec la pandémie. Mais entre la culture à l’arrêt et la pandémie qui court, il s’est donné pour priorité de répondre à la nécessité d’une information juste à l’heure ou les Fake News s’érigent en reines sur les réseaux sociaux.

« Je suis comme dans une école où j’apprends tous les jours »

« J’ai une nature polyvalente, je navigue à la base entre la réalisation et la post-production de certaines émissions comme « Vox Culture » ou « Vox Musique » que j’anime, que je réalise et que je monte. Je suis également le réalisateur de « Eclairage » qui traite de sujets d’actualité et qui reçoit parfois des hommes politiques. L’état d’urgence sanitaire impose que je dépasse ma fonction en allant sur le terrain pour suppléer les journalistes » témoigne t’il avant d’ajouter : « Je suis animé par le sentiment d’être dans une école où j’apprends chaque jour et j’ai une grande facilité à m’adapter à toutes circonstances, mon âme de patriote et l’engouement que j’ai à servir la nation font le reste ».

S’il n’a aucune appréhension quant aux risques encourus, il avoue cependant que l’excès de zèle de certaines applications protocolaires complique parfois inutilement la tâche de son travail. La triste actualité lui permet exceptionnellement de concilier sa passion de la musique et l’information liée à la pandémie, comme ce reportage réalisé par ses soins en date du 15 avril où le Ministère de la Culture a fait don d’argent et de vivres à quatre musiciens de l’ancienne génération. Sisa confie :

« Forcément par leur âge et en raison d’une certaine précarité, sans oublier ce qu’ils ont apporté à l’histoire de la musique Congolaise, je me réjouis pour Michel Boyibanda, Chairman, Kosmos Moutouari et le vieux Edo Nganga de ces dons. C’est un geste que j’apprécie vraiment mais est il suffisant ? Je ne le crois pas. Il n’est pour moi pas assez significatif de l’aide à apporter aux artistes, dans leur ensemble. Pour être en contact permanent avec le milieu musical, qui est le parent pauvre de notre nation, il faut espérer que le Bureau des Droits d’Auteur intervienne à son tour dans une plus juste et large mesure en leur faveur ».

Dans cette autre bataille pour la culture, masqué et ganté sur d’autres fronts, l’homme ne désarme pas. Fasse que sa passion et sons sens du dévouement restent confinés en lui pour que la musique congolaise puisse adoucir les mœurs de la population et, pour qu’en complément de la chaine nationale, puisse s’ajouter une information indépendante, au service de la nation.