
L’Algérie a condamné les attaques de drones ayant visé l’oléoduc Est-Ouest en Arabie Saoudite. Alger a dénoncé une atteinte à la souveraineté saoudienne et réaffirmé sa solidarité avec Riyad.
L’Algérie a officiellement réagi aux attaques de drones qui ont ciblé l’Arabie Saoudite. Dans un communiqué publié ce samedi 12 septembre, le ministère algérien des Affaires étrangères a condamné les frappes ayant touché l’oléoduc Est-Ouest dans les régions de Riyad et de Médine. Alger a également réaffirmé son soutien aux autorités saoudiennes.
Alger dénonce une atteinte à la souveraineté saoudienne
Les attaques avaient été signalées dans la matinée du jeudi 10 septembre. Selon le ministère saoudien de l’Énergie, plusieurs frappes ont visé l’oléoduc dans les régions de Riyad et de Médine. L’infrastructure a été arrêtée à titre préventif à la suite des attaques. Plusieurs personnes ont été blessées et ont reçu des soins médicaux. Dans son communiqué, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé sa condamnation et son indignation après les attaques contre le royaume d’Arabie Saoudite.
Alger a qualifié les faits de violation de la souveraineté du pays et d’atteinte à sa sécurité, sa stabilité et ses infrastructures économiques. L’Algérie a également réaffirmé sa solidarité avec l’Arabie Saoudite à la suite de cette attaque. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu’Alger soutenait les mesures que Riyad pourrait prendre pour assurer la protection de son territoire, de ses installations et de sa sécurité.
L’oléoduc Est-Ouest arrêté après les attaques
Les autorités algériennes ont ainsi rejoint plusieurs pays et organisations ayant condamné les attaques contre l’infrastructure pétrolière saoudienne. Le Conseil de coopération du Golfe a notamment dénoncé une attaque visant une installation stratégique et appelé l’Irak à empêcher l’utilisation de son territoire pour lancer de nouvelles attaques contre l’Arabie Saoudite. L’oléoduc Est-Ouest constitue une infrastructure d’envergure du réseau pétrolier saoudien.
Il relie les zones de production de l’est du royaume à la côte de la mer Rouge et permet notamment d’acheminer du pétrole vers les installations et ports situés sur cette façade maritime. L’oléoduc s’étend sur environ 1 200 kilomètres. Après les attaques, les autorités saoudiennes ont procédé à l’arrêt de l’oléoduc par mesure de précaution. Des équipes d’urgence et des équipes techniques spécialisées ont été mobilisées pour sécuriser l’installation et évaluer son état.
Riyad suspend sa réponse immédiate
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a par ailleurs indiqué que plusieurs drones ayant ciblé l’oléoduc avaient été lancés depuis le territoire irakien. Riyad a fait état de blessés et de dégâts matériels liés aux attaques. Dans sa réaction officielle, l’Arabie Saoudite a indiqué ne pas avoir engagé de riposte immédiate. Riyad a précisé avoir pris cette décision à la suite d’une demande du Premier ministre irakien. Il est question de laisser au gouvernement de Bagdad le temps de prendre les mesures nécessaires contre les attaques lancées depuis son territoire.
Les autorités saoudiennes ont néanmoins affirmé se réserver le droit de prendre les mesures nécessaires pour protéger leur souveraineté, leur sécurité, leurs installations, ainsi que leurs citoyens et résidents. De son côté, le gouvernement irakien a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’origine des attaques. Les autorités de Bagdad ont également engagé des mesures visant à déterminer les responsabilités liées à l’utilisation du territoire irakien dans ces opérations.
Une série de condamnations dans la région
Dans le contexte actuel de fortes tensions sur les routes énergétiques du Moyen-Orient, la portée de l’attaque dépasse toutefois la seule relation entre Riyad et Bagdad. Long de quelque 1 200 kilomètres, l’oléoduc Est-Ouest permet à l’Arabie saoudite d’acheminer son brut des champs pétroliers de l’est du pays jusqu’à la mer Rouge, sans passer par le détroit d’Ormuz. Il constitue ainsi l’une des principales voies alternatives pour les exportations saoudiennes.
La condamnation particulièrement ferme d’Alger intervient donc dans un contexte où toute attaque contre les infrastructures énergétiques du Golfe peut avoir des répercussions bien au-delà de la région. En réaffirmant son soutien à la souveraineté saoudienne et aux mesures prises par Riyad pour protéger son territoire, l’Algérie confirme également le rapprochement politique engagé ces dernières années entre les deux pays.




