Aqmi menace d’exécuter les quatre otages français

Al-Qaïda au Maghreb islamique reproche à Paris d’inciter à « envahir » le Nord du Mali. L’organisation a assuré que cette prise de position risquait d’aboutir à « la mort des otages » français et à « davantage de malheurs » pour la République française.

Dans un message rendu public ce mercredi par le journal mauritanien Saharamedias, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) menace la France et ses otages détenus au Niger. Le groupe armé reproche à Paris d’inciter à « envahir » le Nord du Mali. Aqmi affirme que cette position du gouvernement français pourrait aboutir à « la mort des otages » français enlevés en 2010 à Arlit, au Niger. « Cette initiative folle n’aura pas seulement pour conséquence la mort des otages, mais noiera la France toute entière dans les marécages de l’Azawad (Nord du Mali), ce qui aura pour conséquence pour elle et pour son peuple davantage de malheurs et de drames », menace l’organisation. Fin août, la France a annoncé son intention d’appuyer sur le plan logistique une éventuelle intervention au Nord-Mali.

Aqmi affirme toutefois resté ouvert à toute proposition de négociations de la part des familles des quatre otages français salariés du groupe nucléaire Areva. « Nous annonçons, via ce communiqué, notre disponibilité aux négociations », a déclaré Salah Abou Mohamed, responsable de l’information d’Aqmi. « C’est le gouvernement français qui a fermé la porte aux négociations et continue de mettre en danger la vie de vos fils », annonce le communiqué. « Nous attendons de votre gouvernement qu’il fasse le premier pas, juste en prenant contact avec nous, afin de pouvoir tenir ses dernières promesses et assurances aux familles », poursuit-il. Pour l’heure, les familles n’ont pas souhaité réagir.

De complication en complication

Les conditions posées par Bamako rendent, selon le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, « impossible » l’envoi d’un contingent africain. En visite à Paris, il s’est exprimé en ce sens hier aux micros de France 24. Le Mali veut connaître la liste des pays prêts à envoyer des troupes. Bamako tient aussi à choisir parmi les volontaires ceux qui fouleront le sol malien.

L’envoi de troupes armées dans le Nord du Mali est désormais soumis à une difficulté supplémentaire, celle des otages français. Le Premier ministre malien, Cheikh Modibo Diarra, en visite également à Paris, a précisé qu’il était temps de « presser » l’intervention. Il réclame « beaucoup plus de fermeté » de la part de la communauté internationale. Mais « la question des otages pourrait gêner la France, ce serait légitime », a-t-il ajouté.

Modibo Diarra à Blaise Compaoré

Le Premier ministre malien affirme n’y avoir « aucune réticence à Bamako » quant au déploiement d’une force africaine sur le sol malien. « Le temps est du côté des terroristes. Plus nous prenons du temps, plus ils ont l’opportunité de faire des dégâts, de s’enraciner, de peaufiner leur stratégie. (…) Je demande beaucoup plus de fermeté de la communauté internationale, et surtout qu’on prenne une décision. (…) Plus le temps passe, plus cela va être compliqué de déloger les islamistes, plus ils ont le temps de cibler d’autres endroits et d’exporter le problème ailleurs. Nous avons suffisamment de troupes, ce qui nous manque c’est le renseignement, l’aspect logistique et la formation », a insisté Cheick Modibo Diarra. Il réclame aussi une aide aérienne. « Une conquête comme ça ne peut pas le faire sans soutien aérien », a-t-il souligné.

Le premier ministre malien doit s’entretenir ce jeudi avec le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

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