Après les Yen a marre, Tiken Jah Fakoly persona non grata en RDC !

Le chanteur de reggea ivoirien aux textes toujours très engagés sur une indépendance totale en Afrique a été refoulé, vendredi soir, à l’aéroport de Kinshasa avec 15 membres de son équipe. Aucun motif n’a été donné par les autorités congolaises. Il devait se produire dans la capitale congolaise, dimanche soir, dans le cadre du festival Jazz kif.

Décidément, Kishasa n’a pas fini de sélectionner les personnes qui peuvent se rendre ou non sur son sol. Après avoir expulsé les membres du mouvement sénégalais Yen a marre, ou encore burkinabè, le Balai citoyen, c’est au tour de Tiken Jah Fakoly de faire les frais de son courroux. Le chanteur de reggae ivoirien, connu pour ses textes très engagés et critiques à l’encontre des dirigeants africains, a été refoulé, ce vendredi 19 juin au soir, avec 15 membres de son équipe, à l’aéroport de Kinshasa. Il devait se produire dans la capitale congolaise, dimanche soir, dans le cadre du festival Jazz kif. Pour le moment, Kinshasa n’a donné aucune raison de cette mesure à l’encontre de l’artiste très suivi par une partie de la jeunesse du continent.

Ce n’est pas la première fois que des individus sont persona non grata en RDC. Kinshasa avait également créé la polémique en interpellant, le 15 mars 2015, des membres du mouvement sénégalais Y en a marre, et burkinabè, le Balai citoyen, ainsi que ceux du mouvement congolais Flimbi, qui avait organisé une conférence sur la citoyenneté. A ce jour, certains membres du mouvement Flimbi ne sont toujours pas libérés.

Tous ces trois mouvements, Yen a marre, Flimbi ou encore le Balai citoyen œuvrent pour une Afrique nouvelle où les citoyens prendraient enfin leur destin en main. Le mouvement Yen a marre a contribué en grande partie à la non réélection d’Abdoulaye Wade en 2012, en appelant les citoyens à ne pas voter pour ce dernier. De même, le mouvement du Balais citoyen a œuvré aussi pour permettre le départ de Blaise Compaoré. Le mouvement Flimbi est lui aussi très critique par rapport au régime de Kinshasa, il est donc vu d’un mauvais œil par le pouvoir.

Les régimes en place en Afrique sont en effet réticents à l’organisation d’évènements par ce type de mouvements qui cherchent à conscientiser le peuple dans le but d’améliorer leur sort. Le mouvement Yen a marre est très sollicité en Afrique, dans de nombreux pays tels que le Burundi ou encore la Guinée Equatoriale pour apporter son expérience à la jeunesse de ces pays. Mais pour le moment, il n’a jamais pu mettre les pieds en Guinée Equatoriale, qui lui a refusé le visa. Preuve que tous ces mouvements citoyens en Afrique, qui prennent de plus en plus de poids, sont bien dans le collimateur de nombreux régimes africains…