Après la réconciliation, la fronde

Policiers, magistrats, gardiens de prison, infirmières… Les rues d’Abidjan sont le théâtre des revendications syndicales. Après la réconciliation politique, le gouvernement ivoirien doit faire face à une fronde sociale. Un mécontentement populaire très large. La crise économique, que traverse la Côte d’ivoire depuis quelques années, a laissé la population exsangue, démunie face à l’inflation et à l’augmentation des prix des produits de premières nécessités.

Le régime du président Laurent Gbagbo se trouve dans une position délicate. Son électorat, une fois réglée la question de la réconciliation nationale, commence à lui demander des comptes. Et lui rappelle qu’il a été élu sur un programme de gauche. Et donc de redistribution des richesses.  » Laurent Gbagbo s’est servi de notre feuille de salaire comme exemple de la misère pendant sa campagne quand il était dans l’opposition, mais maintenant qu’il est président, il a oublié », rappelle à l’Afp un gardien de prison d’Abidjan. Et c’est désormais sur le plan économique que le président sera jugé. Or, avec une croissance négative et une inflation à près de 5%, il est difficile pour le leader socialiste de faire face à la fronde sociale.

Les Ivoiriens comprennent d’autant plus mal la politique économique du président Gbagbo que le cours du cacao s’est envolé et que l’Union européenne et les institutions financières ont retrouvé le chemin d’Abidjan. Le mouvement social déstabilise le gouvernement qui ne sait plus comment gérer cette  » insatisfaction générale « . Il se dit prêt au dialogue et, en même temps, déclare illégaux les mouvements de grève. Il devient urgent pour le gouvernement de régler cette crise. Car presque tous les secteurs sont prêts à débrayer la semaine prochaine. Le mois de mars s’annonce chaud à Abidjan.