Après la RDC, MSF restreint son action au Cameroun


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Médecins sans frontières
Médecins sans frontières

Médecins sans frontières a annoncé son retrait du Sud-Ouest anglophone camerounais, où il est opérationnel depuis quatre ans. Ce retrait intervient après celui annoncé, il y a une semaine, d’une partie de la RDC.

L’organisation humanitaire internationale Médecins sans frontières (MSF) a annoncé, ce mardi 29 mars 2022, son retrait d’une partie du Cameroun. « La capacité de MSF à fonctionner en toute liberté a été freinée par le climat tendu qui règne entre l’ONG et les autorités, l’accusant de complicité avec des groupes séparatistes dans le Sud-Ouest… Malgré nos efforts à apporter de l’aide aux personnes et communautés nécessiteuses, le climat actuel ne permet pas à MSF de continuer à œuvrer dans cette région… Ceci dit, MSF est contrainte de suspendre toutes ses activités à compter de ce 29 mars 2022 dans toutes les structures privées et gouvernementales dans le Sud-Ouest », a indiqué l’organisation humanitaire.

Depuis quelque temps, les relations entre MSF et les autorités camerounaises sont très tendues. Au mois de décembre dernier, les autorités camerounaises avaient accusé Médecins sans frontières d’avoir aidé des séparatistes, dans la province anglophone du Sud-Ouest. Il avait été attribué à MSF d’avoir diligenté une ambulance pour, à l’insu du gouvernement, prendre en charge un combattant séparatiste. Yaoundé, évoquant des « relations étroites » entre l’organisation humanitaire et les terroristes, avait précisé qu’il s’agissait d’un homme recherché, connu sous le nom de guerre de « général Moving Star », évacué à l’aide d’une fausse fiche d’évacuation, sous la couverture des personnels de MSF.

Cette annonce de retrait intervient après celle faite par MSF, en août dernier, concernant une autre province anglophone du Nord-Ouest où ses activités étaient suspendues depuis décembre 2020. Elle intervient aussi après un autre départ, cette fois en République Démocratique du Congo, il y a quelques jours. Le lundi 21 mars dernier, en effet, MSF annonçait la fermeture de ses projets à Nizi et Bambu, dans le territoire de Djugu, en Ituri, suite à l’insécurité grandissante dont elle est victime, dans l’Est de la RDC. Une résultante d’actions récurrentes menées par des groupes armés rendant difficile l’intervention de l’organisation humanitaire en Ituri.

Entre des attaques contre ses véhicules souvent criblés de balles, occasionnant des blessés dans les rangs de ses employés et l’inaction des autorités rd-congolaises face à ces menaces récurrentes qui exposent son personnel, MSF indique n’avoir plus d’autre choix que de quitter cette zone. Une « situation intenable » qui fait que MSF « refuse de retourner dans ces zones ». Une décision qui, selon l’organisation humanitaire, « nous bouleverse », prenant en compte les conséquences désastreuses qu’elle risque d’engendrer chez une « population dont les besoins sont aigus ». Sur ce point, MSF est clair, oui pour sauver des vies, « mais pas au prix des nôtres ».

A lire : MSF annonce la fermeture de projets dans l’Est de la RDC suite à l’insécurité et à l’impunité

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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