Après cinq ans de guerre, Soro demande pardon aux Ivoiriens

Le nouveau Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion des Forces Nouvelles, a publiquement reconnu les méfaits de la guerre civile engendrée depuis près de cinq ans dans le pays et a présenté des excuses officielles, vendredi soir, dans une déclaration à la nation.

« Je demande Pardon pour tous et au nom de tous », a déclaré M. Soro qui s’est dit heureux d’avoir troqué la tunique de chef- rebelle pour celle d’un Premier ministre issu de l’Accord de paix de Ouagadougou. « De Secrétaire Général des Forces Nouvelles, je suis aujourd’hui le Premier Ministre de tous les Ivoiriens. En cette qualité et au nom de l’institution que j’incarne, je demande pardon. Nous devons à présent apprendre à pardonner », a-t-il ajouté.

Le signataire de l’accord de Ougadougou, le 4 mars dernier avec le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a insisté que le pardon est le prix à payer pour rendre possible la réconciliation et « la joie de vivre ensemble ». « L’Accord recommande une entente entre Ivoiriens pour réaliser la paix. Une fois encore, sortons des logiques d’affrontement, changeons de cap », a-t-il imploré.

Tout en invitant ses compatriotes à s’engager sur la voie de la concorde, l’ex- chef de la rébellion ivoirienne a fait savoir « ses profonds regrets » pour les cinq ans de guerre dans le pays.
« Pendant cinq ans, nous avons fait la guerre sans résultat. Nous nous sommes mesurés, injuriés, battus, tués sans résultat. Pendant cinq ans, au Nord comme au Sud, la surenchère a prospéré », a regretté M. Soro. « Quelles que soient ses raisons et ses fondements, la guerre est à proscrire », a encore soutenu le Premier ministre.

Il a invité, à ce propos, les Ivoiriens à l’humilité et au « rejet de tout extrémisme et de tout radicalisme. « De l’humilité découlent le compromis et la paix. Je vous invite tous à arrêter les invectives, les rigidités et autre radicalisme comme si nous avions gagné la guerre », a-t-il lancé à ses compatriotes, rappelant l’esprit de l’Accord de Ouagadougou.

A rapeller que le gouvernement de Soro, formé le 7 avril dernier, a pour mission principale la résolution de la crise politique, en procédant essentiellement à l’identification générale de la population, à la réunification du pays et à l’organisation d’élections justes, transparentes et ouvertes à tous les citoyens.

« Ces élections n’auront lieu que lorsque nous aurons, tous ensemble, validé les listings électoraux », a indiqué le Premier ministre, sans donner de dates pour la réalisation des différentes opérations par son gouvernement.

Il a par ailleurs annoncé l’organisation, dans les jours à venir, d’un séminaire du gouvernement, pour « décliner l’accord de Ouagadougou en une feuille de route cohérente ».