Après « Algérie, mon amour », Tebboune bannit « Algérie, le pays de toutes les révoltes »


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Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune
Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune

Les autorités algériennes ont déposé une plainte contre la chaîne de télévision française, M6, pour avoir diffusé un documentaire « Algérie, le pays de toutes les révoltes », qu’elles disent « biaisé ».

Le ministère algérien de la Communication vient de déposer une plainte contre la chaîne de télévision privée française, M6, avec comme grief, le tournage du documentaire en Algérie, sans l’accréditation prévue par la législation en vigueur dans ce pays d’Afrique du Nord. Procédé classique qui a d’ailleurs été utilisé pour enfoncer le journaliste Khaled Drareni.

Le documentaire, qui relate le quotidien de nombre d’Algériens, à travers un diagnostic sans complaisance, a franchi une des lignes rouges tracées par les autorités algériennes, en abordant des sujets à la limite jugés tabous, notamment le chômage des jeunes, la corruption et l’autoritarisme du régime du Président Abdelmadjid Tebboune.

« Aux yeux de la loi, elles (les Algériennes) sont mineures à vie. Il leur est interdit de travailler sans l’aval d’un tuteur, leur père, leur frère ou leur mari », documente la chaîne M6. Une participante à ce documentaire, voulant sans doute éviter des représailles, « regrette vraiment d’avoir participé à votre reportage. Lorsque vous m’avez contacté, il a été question qu’on parle de l’émancipation de la femme algérienne ».

Et pourtant, il était bien question d’émancipation de la femme, dans ce documentaire, puisqu’il a été relaté que « la femme algérienne était mineure à vie ». Sauf que la femme, se sentant menacée, s’est défendue qu’elle était « loin de m’imaginer que j’allais être utilisée, moi et mon mari, pour donner une mauvaise image des femmes et des hommes algériens et de notre pays ».

Si le ministère algérien de la Communication accuse la chaîne de télé de chercher à « démotiver le peuple algérien, notamment sa jeunesse », M6 conteste et « demande aux autorités algériennes de revenir sur leur position de boycott afin de poursuivre de façon objective et sans aucune polémique sa mission d’information ».

Cet épisode intervient quelques mois après une tension diplomatique créée par la diffusion, en France, d’un film-documentaire, « Algérie, mon amour », et qui n’avait pas été du goût des autorités algériennes, visiblement allergiques à la critique et qui semblent fouler aux pieds les principes fondamentaux de la liberté de la presse.

A lire : « Algérie, mon amour », « Algérie, les promesses de l’aube » : tension entre Alger et Paris

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Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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