Appel au dialogue entre la presse et le pouvoir au Sénégal

Le porte-parole du président Abdoulaye Wade, Me El Hadji Amadou Sall, a appelé ce dimanche au dialogue entre la presse et le pouvoir au Sénégal, « pour dépasser la situation de crise actuelle », en référence aux actes de vandalisme perpétrés, il y a deux semaines, contre des journaux privés.

Invité par la station privée Radio futur médias (RFM) dans son émission hebdomadaire « Grand Jury », peu avant midi, le porte-parole du chef de l’Etat sénégalais a indiqué « qu’il y a lieu de procéder à un dialogue pour trouver un moyen qui permet à la presse d’exercer son métier de façon normale », ajoutant que le pouvoir ne peut se permettre d’avoir des problèmes avec la presse.

« Il y a lieu de dialoguer entre la presse et le pouvoir sur la nécessité de s’entendre sur les règles pour éviter les dérives de part et d’autre », a déclaré Me Amadou Sall.

« Je ne suis pas de ceux qui pensent que la presse sénégalaise ne fait pas bien son travail et je trouve injuste de dire que le chef de l’Etat sénégalais a des problèmes avec la presse. Il a des problèmes avec certaines pratiques de journalistes », a-t-il poursuivi.

Le porte-parole du président Wade a invité les différentes structures qui représentent les journalistes au Sénégal à mettre en place des règles et à veiller à leur application.

Répondant à une question au sujet de la fermeture du quotidien « 24 Heures Chrono », dont la dernière édition du jeudi a été saisie par la Police, du fait d’un article mettant en cause le président Wade et son fils dans une affaire de blanchiment d’argent, le porte-parole du président sénégalais souligne que « c’est sur ordonnance judiciaire ».

« Toutefois, l’éditeur peut saisir la justice s’il estime que ça a été fait de façon abusive », a-t-il poursuivi. Par ailleurs, il a qualifié « d’abominables et d’inacceptables » les révélations de ce journal accusant le chef de l’Etat sénégalais et son fils, Karime Wade, de blanchiment d’argent provenant du braquage de l’agence de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de Bouaké, au nord de la Côte d’Ivoire.

« C’est une déclaration particulièrement grave faite contre le président de la République qui est la clé de voûte de nos institutions et j’espère que le directeur de publication de ce journal a les preuves de ses allégations », a-t-il martelé, avant d’ajouter que dans le cas contraire, la loi dans toute sa rigueur s’appliquera à ce journaliste, arrêté depuis jeudi dernier.

Le ministre limogé Farba Senghor sera entendu par la justice

Enfin, l’ancien ministre sénégalais des Transports aériens et de l’Artisanat, Farba Senghor, limogé jeudi, pour avoir été cité dans l’attaque de deux quotidiens privés, « va répondre de gré ou de force à la convocation de la justice », a déclaré Me El Hadji Amadou Sall.

« Farba Senghor a le droit en tant que citoyen d’user de tout ce la loi lui permet pour ne pas déférer à une convocation de la Police, mais en cas de refus, la Police peut se munir d’un mandat d’amener », a précisé le porte-parole du président Wade.

Plusieurs journaux sénégalais citant des sources proches de l’enquête ont mis en cause M. Farba Senghor, soupçonné d’être le commanditaire de l’attaque contre les deux journaux.

Lire aussi Sénégal : la presse privée menacée