AOM-Air Liberté vole vers l’Algérie

Une compagnie aérienne français s’apprête à reprendre des vols réguliers entre Paris et Alger, six ans et demi après l’attaque terroriste contre un Airbus d’Air France assurant la liaison entre les deux capitales. L’initiative prise par AOM-Air Liberté, qui vise  » un des plus gros marchés non exploités  » par son concurrent national, bénéficie du soutien du Quai d’Orsay.

Dès l’annonce de l’accord des autorités judiciaires françaises au projet de reprise de la compagnie AOM-Air Liberté présenté par Jean-Charles Corbet, ancien pilote d’Air France, sur la base d’un projet économique et de développement viable, le nouveau responsable de l’avenir du second transporteur aérien grand-public français avait clairement déclaré :  » Nous desservirons Alger, mais aussi d’autres villes comme Constantine…  »

La petite phrase avait fait l’effet d’une bombe, venant après les mois d’atermoiements de la part d’Air France, compagnie nationale française, dont le personnel exige toujours de réaliser lui-même au pied des avions des contrôles de sécurité supplémentaires, ne se fiant pas aux procédures d’embarquement des aéroports, à la grande fureur des autorités algériennes.

Le choix d’AOM-Air Liberté est tout autre, puisqu’il s’appuie sur la conclusion d’un partenariat privilégié avec une compagnie algérienne en plein essor, Khalifa Airways, elle-même désireuse d’obtenir les autorisations nécessaires pour atterrir à Paris… Alliance stratégique de deux opérateurs challengers, dans l’ombre d’Air France et d’Air Algérie, soucieux de développer ensemble une offre alternative.

L’accord des autorités françaises, immédiatement sollicité, n’a pas traîné, venant par la bouche du Porte-Parole du Ministère des Affaires étrangères, Bernard Valéro, qui a déclaré à l’AFP le 31 juillet dernier :  » Nous sommes favorables à tout projet susceptible de faciliter les conditions de circulation des personnes entre la France et l’Algérie.  » Il faut dire qu’à l’approche de l’année 2003, décrétée  » Année de l’Algérie en France « , le Quai d’Orsay ne peut que soutenir l’initiative d’AOM-Air Liberté…

Lors d’une conférence de presse, le nouveau président du directoire d’AOM-Air Liberté, François Bachelet, est lui-même revenu, diplomatiquement, sur la différence d’analyse qui existe entre lui et les dirigeants d’Air France sur la question de la reprise des vols entre France et Algérie :  » L’exposition d’Air France est supérieure à la nôtre. Je pense que c’est avec sagesse que les autorités françaises ont donné leur accord « .

Résultat des courses : il sera plus facile de voler entre Paris et Alger dès le mois de novembre 2001, et des vols Marseille/ Alger et Nice/Alger sont envisagés par AOM-Air Liberté dès le printemps 2002. Les vols à destination de l’Algérie constituent en effet, pour reprendre les mots de François Bachelet,  » un des plus gros marchés non exploités par les compagnies françaises « . L’erreur est en passe d’être réparée !