Angélique Kidjo en tournée au Brésil

La chanteuse Angélique Kidjo a débuté à São Luís sa tournée au Brésil, qui intègre la programmation de l’Année de la France au Brésil

Le 8 septembre, la ville de São Luís do Maranhão, la seule capitale brésilienne fondée par les français, a fêté ses 397 ans et a concentré les commémorations sur la Place Maria Aragão, dans un événement qui a réuni environ huit mille personnes venues voir Angélique Kidjo. Le concert a ouvert la tournée de la chanteuse béninoise au Brésil, qui intègre le calendrier officiel de l’Année de la France au Brésil. Le public était excité et a vite perçu que la chanteuse faisait sur scène la connexion musicale entre la France, l’Afrique et le Brésil.

Angélique Kidjo a chanté accompagnée par son groupe, formé par les musiciens Bryan Wirht (batterie), Thiokho Diagne (percussion), João Mota et Dominic James (guitare) et André Manga (basse). Ils ont présenté ensemble les succès de l’album « Djin Djin », lancé en 2007 et qui a remporté le Grammy dans la catégorie « Best Contemporary World Music » album (meilleur album de musique du monde contemporain) en 2008. Ce fut un défilé de rythmes qui ont émus et ont fait danser.

L’administratrice de l’Année de la France au Brésil, Moema Salgado, a honoré de sa présence le concert et a souligné le partenariat qui marque les événements déjà réalisés. « Un des concepts de l’Année de la France au Brésil est d’amener des artistes d’une France métisse, diverse et peu connue pour la montrer aux brésiliens, et Angélique Kidjo est une artiste majeure, internationalement connue, qui a beaucoup d’énergie et est capable de transmettre cette réciprocité », a-t-elle dit.

Parmi le public, même ceux qui ne parlent pas français ont perçu les affinités culturelles, comme le musicien Paulinho Akomabu. « C’était émouvant parce qu’elle a créé un lien avec nos racines africaines, avec l’héritage que nos ancêtres ont laissé. Cela a seulement été possible parce que la musique est un langage universel », a-t-il dit.

La chanteuse du Bénin a clairement exprimé la même opinion en déclarant que « les brésiliens sont comme le reste du monde, quand ils sont face à une musique qui leur parle, ils réagissent bien ». Selon Angélique Kidjo, l’identification avec le Brésil est toujours présente dans ses travaux. « C’est un pays où la musique a tellement d’importance, parce que chanter et danser rapprochent. C’est pour cela que je me sens aussi bien accueillie », a-t-elle résumé.

La proximité permise par les partenariats de l’Année de la France au Brésil a également été soulignée par Bruno Boulay, directeur du Bureau de la Musique de l’Ambassade de France. « C’est l’heure pour la France et le Brésil de se rendre compte qu’ils ont une culture proche, de langue commune, de fortes racines africaines, perpétuées par le travail d’artistes comme Angélique », a-t-il affirmé.

Pour le président de la Fondation de Culture de São Luís, Euclides Moreira Neto, le spectacle a été un cadeau. « Nous sommes très reconnaissants envers la culture française. L’esprit conquérant français nous a donné notre ville, cet héritage fantastique qui complète 397 années et qui est fêté au son de la musique de la France », a-t-il dit, en référence à la programmation commémorative de l’anniversaire de la ville, qui comprend également des hommages faits par des artistes locaux à la chanteuse française Edith Piaf.

La directrice de l’Alliance Française du Maranhão, Emilie Jacament, s’est aussi laissée emporter par la musique d’Angélique Kidjo et a souligné la possibilité de renforcement des relations entre brésiliens et français. « À São Luís, la volonté de la population de se rapporter à la culture française est très forte et l’Année de la France au Brésil va permettre que les deux peuples découvrent tout ce qu’ils peuvent partager. Peut-être quand São Luís complétera ses 400 ans, il sera possible de percevoir l’importance des relations que nous sommes en train de fortifier aujourd’hui », a-t-elle garanti.

Le public présent n’a eu aucune difficulté à interagir avec la musique d’Angélique. La chanteuse a surpris non seulement par son chant et sa danse éclectiques, mais aussi par l’interaction. « Ce fut une grande surprise de la voir utiliser la puissance de la musique pour se communiquer et la population correspondant d’une forme surprenante », a dit le biochimiste Luís Fernando Ferreira, stupéfait de voir Angélique Kidjo chanter au milieu de la foule.

La chanteuse continue sa tournée au Brésil et se présente au Canecão, à Rio de Janeiro, le 10 septembre, et le 13 septembre à Brasília.