Aminata rêve d’une autre Afrique

L’ancienne ministre malienne de la Culture et porte-flambeau de l’anti-mondialisme, Aminata Traoré, signe un livre coup de gueule.  » Le Viol de l’imaginaire  » est une diatribe contre le mondialisation libérale.

Une autre Afrique est possible. Elle est même en devenir. Aminata Traoré s’insurge contre les Institutions financières internationales (Fonds monétaire international, Banque mondiale…), coupables de maintenir l’Afrique dans la misère.  » Pillée, marginalisée, l’Afrique est invitée par les maîtres du monde à se penser pauvre, à se comporter en région pauvre. Les Etats du continents, surendettés et interpellés par une demande sociale forte, se voient contraints d’adopter et d’appliquer des remèdes dont le coût social et humain est exorbitant « . Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture et égérie des anti-mondialistes, pointe du doigt les ennemis de l’Afrique : les institutions financières et les élites africaines. Les premiers inventent des politiques  » d’ajustement structurel  » que les seconds s’empressent de mettre en pratique. Aux dépens de leurs peuples.

Le viol de l’imaginaire

Celle que le quotidien français Libération n’a pas hésité à surnommer  » Black Bové « , du nom du combattant anti-américain des paysans français, se bat pour une autre Afrique. Elle la croit possible. Le chemin ne passe pas particulièrement par les aides financières du Nord, mais par une réforme des relations Nord-Sud.  » Les violences de l’Histoire ayant fait des vainqueurs et des vaincus, des gagnants et des perdants, les rapports entre nations riches et nations pauvres demeurent des rapports de domination qui se perpétuent à travers des mots clés, qui ne sont que des mots d’ordres « .

Aminata Traoré fustige aussi les élections qui, selon elle, ne remettent pas en cause le modèle libéral.  » Je crois que l’Occident aime bien nous voir batailler pour ces fameuses élections libres et, pendant ce temps, on ne pose pas les problèmes de fond sur notre dépendance envers un modèle unique de développement « .

A Porto Alegre, la bien nommée, Aminata Traoré milite pour une Afrique débarrassée des causes qui ont fait échouer les indépendances. Et d’accuser  » le rouleau compresseur du libéralisme « . Le viol de l’imaginaire, au-delà de la colère, est une esquisse pour une Afrique alternative. Une autre Afrique.

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