Alternance démocratique historique

Mwai Kibaki a remporté les élections présidentielles avec une écrasante majorité faisant passer la Kanu, le parti de l’ex-président Daniel Arap Moi au pouvoir depuis 39 ans, dans l’opposition. Une alternance démocratique historique au Kenya.

Les élections générales de 2002 marqueront à coup sûr la vie politique kenyane. L’opposition, regroupée au sein de la Coalition nationale Arc-en-ciel (Narc) et représentée par son leader Mwai Kibaki, a remporté, avec une écrasante majorité, les élections présidentielles et législatives qui se sont déroulées vendredi dernier au Kenya. L’Union nationale africaine du Kenya (Kanu), le parti du président sortant, Daniel Arap Moi, se retrouve pour la première fois depuis 39 ans dans l’opposition.

Les résultats définitifs de ces élections n’ont toujours pas été annoncés. Cependant, dès dimanche, la Commission nationale électorale, au vu des résultats partiels, a confirmé la large avance de l’opposition aux élections présidentielles et législatives. Mwai Kibabki remporte en effet plus de 70% des suffrages contre 62,9% pour Uhuru Kenyatta, le candidat de l’ancien parti au pouvoir, aujourd’hui chef de l’opposition, qui a reconnu sa défaite.

Première démocratique

Mwai Kibaki, qui a prêté serment ce lundi à Nairobi devant une foule de plus d’une centaine de milliers de personnes, devient ainsi le troisième président du Kenya. Il succède à Daniel Arap Moi au pouvoir depuis 1978, auquel la Constitution interdisait de se présenter une troisième fois et à Jomo Kenyatta, premier président et fondateur du Kenya moderne, qui dirigea la pays de 1963, date de l’indépendance, jusqu’à son décès en 1978. Ce dernier n’est autre que le père du candidat perdant. Uhuru Kenyatta, politicien novice de 42 ans, avait été imposé, il y a un an, par Daniel Arap Moi comme son successeur à la tête de la Kanu. Cette décision avait provoqué un scandale et le départ de plusieurs personnalités du parti pour la Narc.

L’élection de Mwai Kibaki, âgé de 71 ans, marque la première alternance démocratique du Kenya. Après deux échecs à la présidence, en 1992 et 1997, le nouvel homme fort du pays a réussi à mener, dans un climat pacifique et transparent, l’opposition à la victoire. Cet économiste, ancien ministre et ex-vice président, prend ainsi sa revanche sur ses prédécesseurs qu’il a servi durant 25 ans, avant de rejoindre l’opposition en 1991 lors de l’introduction du multipartisme.

Le rejet du régime de Daniel Arap Moi, trop corrompu pour les Kenyans, trouve sa confirmation dans les résultats des élections dans leur ensemble. Seuls huit anciens ministres ont conservé leurs sièges à l’Assemblée Nationale et la Narc détient d’ores et déjà la majorité des sièges au Parlement.

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