« AllPeopleFrom », le projet humaniste de Christian Jarrin

Christian Jarrin, 45 ans, originaire de la Martinique est le fondateur du magazine en ligne « AllpeopleFrom » qui a pour but de mettre en lumière les personnes issues de la diversité. Il a aussi lancé, avec son amie Daniela Horsfall, une plateforme qui permet aux entrepreneurs méconnus d’émerger et de développer leurs activités. Rencontre.

Difficile de passer à côté de Christian Jarrin, qui se tient bien droit dans ses bottes, au sein de la mairie du 7ème arrondissement à l’occasion des Audaces awards. Evènement qui récompense chaque année les jeunes entrepreneurs dont il est partenaire. « Comment vas-tu ? », lance-t-il en souriant, à tous ceux qui viennent vers lui. Le colosse d’au moins 1m80, toujours très jovial, taquinant tous ceux qu’ils connaissent, est comme un poisson dans l’eau, parfaitement dans son élément.

Il faut dire que cet ancien commercial, très aguerri pour avoir longtemps travaillé dans le domaine, aime l’entrepreneuriat et a le sens des initiatives. Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit le fondateur du projet « Allpeoplefrom », qui revêt deux aspects : un magazine en ligne et une plateforme. A travers le magazine, qui a déjà beaucoup de contenu, il veut mettre en lumière ceux dont on ne parle jamais, pour qui les médias ne portent pas d’intérêt, notamment les personnes issues de la diaspora. « Quand je lis des articles sur les personnes issues de la diversité, on me parle souvent de femmes, de beauté, de sport, mais je ne vois jamais les histoires de tous ces talents qui méritent d’être connus et mis en avant, tels que des cuisiniers, des artistes, des sculpteurs, des sportifs, des entrepreneurs… D’où mon idée de lancer le magazine « Allpeoplefrom » pour qu’elles soient plus visibles et les encourager dans leurs projets », explique l’entrepreneur.

Pour Christian Jarrin, « Allpeoplefrom » sera avant tout un média citoyen où l’on peut venir proposer des articles dans des domaines que l’on maîtrise. En clair, lui, ce qui l’intéresse, c’est avant tout l’humain, comprendre les différents modes de vie et culturels de chacun. Des aspects rarement évoqués dans les médias, qui privilégient le sensationnalisme et constamment les informations négatives sur la planète. « Ça m’intéresserai par exemple de voir comment une maman en Chine élève son enfant par rapport une maman africaine. Cela permettrait de montrer que même si leur méthodes d’éducation sont différentes, le but reste le même : préparer l’enfant à devenir la meilleure personne qu’il soit. Voilà le genre d’articles qui m’intéressent et qu’on ne voit jamais dans la presse », explique-t-il d’un ton très enthousiaste comme à son habitude.

« En travaillant ensemble, toutes les personnes exclues du système peuvent se développer et représenter une véritable force qui compte »

Au delà du magazine, Christian Jarrin a également lancé une plateforme avec son amie Daniela Horsfall, coach artistique, à la tête de plusieurs associations d’aide aux entrepreneurs. Comme il le rappelle constamment « « Allpeoplefrom » est avant tout un projet qui comporte une grande dimension humaniste. L’objectif de la plateforme c’est de fédérer toutes les personnes porteuses de projets, de les rendre visibles mais aussi d’augmenter leurs compétences ». En clair, il leur permettrait de pérenniser leurs activités économiques et de les développer. Il est de ceux qui estiment qu’en « unissant leurs forces et en travaillant ensemble, toutes les personnes exclues du système peuvent se développer et représenter une véritable force qui compte afin de faire entendre leur voix ». L’idée, c’est aussi de permettre aux personnes isolées de ne plus l’être et de se constituer un réseau en faisant connaître ses activités via la plateforme.

Pour lui, elle constitue aussi un pont entre les Antilles et l’Afrique qui se sont trop longtemps tourné le dos. « Il faut qu’on se souvienne qu’il n’y a pas de différence entre nous Antillais et Africains, on vient tous d’une même terre. On nous a trop focalisé sur nos différences alors qu’on a un héritage commun. Il prône un retour vers l’Afrique des Afro-descendants pour non seulement mieux connaître le continent mais aussi apporter sa pierre à l’édifice pour son développement ».

« On est une force économique énorme. Nous les jeunes de 30 à 40 ans, n’avons pas connu la décolonisation et avons la même intelligence et le même-savoir-faire que les Occidentaux. On doit pouvoir changer les paradigmes car les Africains sont capables de s’auto-gérer et sont libres de changer la donne », affirme l’entrepreneur. Christian Jarrin en est convaincu : « Par la force des choses, on peut arriver à faire changer les gouvernements ».