Allo Tango ? Ici le ciel esseulé du Burundi

Depuis la défection de la compagnie aérienne belge, Sabena, plus aucune compagnie aérienne occidentale ne dessert le Burundi. Seules quelques compagnies issues de pays voisins se hasardent encore dans un des pays les moins sûrs au monde.

L’aéroport de Bujumbura n’accueille plus aucune compagnie aérienne internationale. Le 4 décembre à 17h56 GMT, l’Airbus A330-200 de Sabena est touché par des coups de feu à 100 mètres d’altitude, juste avant d’atterrir à l’aéroport de Bujumbura. Dès le lendemain la compagnie suspend ses vols pour le Burundi. Le vol hebdomadaire du lundi soir au départ de Bujumbura est ainsi reporté sine die.

Seules des compagnies du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie et de l’Ethiopie continuent d’atterrir au Burundi. Selon le porte – parole du transporteur belge, Patrick Jeandrin,  » Sabena ne reprendra pas ses vols, dans tous les cas, avant la fin de la saison hivernale qui se termine en mars. Cependant, c’est une ligne que nous désirons maintenir mais pas au détriment de la sécurité de nos passagers. »

Un espace aérien libéré au profit des états voisins

C’est la deuxième rupture dans la relation historique qui lie le Burundi à Sabena. Elle qui a de longue date exclusivement desservi le pays au terme d’un accord avec Air France. Sabena s’occupant de l’Afrique de l’Est, et sa consoeur française de l’Ouest. Cette dernière avait été la première et l’unique compagnie européenne à reprendre ses vols vers le Burundi après la fin de l’embargo. Une sanction décidée, en juillet 1995, par les pays voisins à la suite du coup d’Etat du 25 juillet 1995, qui a vu le retour au pouvoir du président Pierre Buyoya.

Kenya Airlines, Ethiopian Airlines, Alliance Express (rwandaise), qui dépend de la compagnie South Africa Airlines, Regional Air (kenyanne) et Air Tanzanie continuent de desservir le pays. Elles assurent respectivement 6, 4, 3, et 2 liaisons hebdomadaires. La compagnie nationale Air Burundi dessert Kigali et Nairobi. Ces dernières font ainsi le lien entre le Burundi et le reste du monde. Le principal problème de ce pays est l’état d’insécurité qui y règne. Le pays continue cependant de recevoir des cargos en provenance d’Europe, apprend – on d’un responsable d’Air Burundi.

Partir pour l’Europe est devenue une aventure

La reprise des vols Sabena après l’embargo, comme l’indique M. Vital Narakwiyé, directeur général des Transports, de la Poste et des Télécommunications au sein du ministère du même nom,  » était une voie vers le désenclavement du pays. Le gouvernement burundais oeuvre, par ailleurs, pour le retour prochain du transporteur. La paix, la restauration de la sécurité sont vraiment les seuls moyens de faire revenir les compagnies aériennes. Dans ce sens, nous estimons que nous sommes sur la bonne voie.  »

Quitter le Burundi pour l’Europe est devenu ardu dans la mesure où seule Sabena assurait une liaison directe pour l’Europe. Maintenant, le voyageur est obligé de se rendre, par exemple, à Nairobi pour y prendre une correspondance vers d’autres cieux. L’entreprise prend vite des allures épiques quand on sait qu’il quitte Bujumbura aux environs de 8h 45 (heure locale), pour arriver à Nairobi vers 11 h (heure locale) et ne décolle pour sa destination finale qu’aux alentours de 23h.