Allô le monde, ici l’Afrique !

La téléphonie a divers destins en Afrique. Mais contrairement aux préjugés, entre l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud, il n’y a pas un grand vide. L’Afrique subsaharienne sort de son isolement. Avec une remarque de taille : le mobile supplante le fixe.

En 2000, alors que l’Afrique abrite un habitant de la planète sur huit, un abonné sur cinquante au téléphone fixe dans le monde est africain, de même qu’un abonné au téléphone mobile sur soixante, un utilisateur d’ordinateur personnel sur soixante-dix et seulement 1% des utilisateurs de l’Internet. Ces chiffres ne semblent pas effrayer l’Union internationale des télécommunications (UIT). Mieux, les prévisions de l’UIT sont plutôt optimistes. Et de souligner les efforts de l’Afrique subsaharienne.

Cette région vient de franchir la barre symbolique des 1%, seuil fatidique pour la croissance économique.  » Il reste encore beaucoup à faire pour amener le continent africain au niveau des pays industrialisés. L’heure est néanmoins à l’optimisme, pour plusieurs bonnes raisons. De nombreux pays de la région ont entrepris des réformes sectorielles et l’investissement étranger est activement encouragé sur tout le continent à mesure que celui-ci s’ouvre à la privatisation et à la libéralisation « , s’enthousiasme l’Union internationale des télécommunications.

Place au mobile et à l’Internet

Le Continent a décidé de prendre son destin technologique en main. Au-delà de la libéralisation, applaudie par l’UIT, les pays africains se sont dotés de structures pour accompagner et encourager l’essor technologique. Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) commence enfin à exister concrètement. L’initiative africaine est sortie du stade de la conception à celui de la concrétisation.

E-Africa. L’Afrique virtuelle existe bien. Elle a pour président Alpha Oumar Konaré, le chef de l’Etat malien. La commission e-africa élaborera des cyberstratégies et des cyberprojets à l’échelle du Continent. Sa première mission est d’initier tous les élèves de l’enseignement secondaire à l’informatique.

Briser les clichés

 » Aujourd’hui, il n’est plus vrai que l’Afrique est handicapée par l’absence de réglementation équitable et de libre concurrence. Trente-six nouveaux opérateurs ont lancé des services mobiles sur le continent dans les 18 mois précédant le mois de juin dernier et nettement plus de la moitié des pays africains ont désormais mis en place une instance de réglementation indépendante « , indique Yoshio Utsumi, Secrétaire général de l’UIT.

Sur le plan des télécommunications, l’Afrique du Sud arrive largement en tête des pays africains, suivie par l’Afrique du Nord. Le Sénégal se distingue par son dynamisme malgré la faiblesse de ses moyens.