Alice, Styliste : « URBAN POP est une collection de TISS’AME plus urbaine »


Lecture 4 min.
Alice
Alice

TISS’AME est le fruit d’une amitié entre deux femmes : Alice, styliste designer textile, et Antonia, professionnelle du marketing et de la communication. Cette marque reflète le métissage des cultures et l’artisanat, et ses créations mêlent modernité et traditions. Aujourd’hui, Alice présente sa toute nouvelle collection, URBAN POP, qui rend hommage à l’artiste peintre Jean-Michel Basquiat. AFRIK.COM est allé à la rencontre de cette jeune entrepreneuse dont la détermination et l’ambition forcent l’admiration.

Entre le lancement de sa nouvelle collection et le déménagement de sa boutique située auparavant rue Androuet dans le 18ème arrondissement de Paris, pour un quartier qu’elle juge plus animé, à savoir le 11ème arrondissement de Paris (rue Keller), Alice n’a pas une minute à elle. Faisant partie de l’IWIT CONCEPT STORE qu’elle a créé, Alice s’est lancée dans une nouvelle aventure avec cette collection et ce déménagement dans un contexte sanitaire inédit en France. Déterminée à tout faire quasiment seule, elle a mis toute son énergie dans les travaux, le merchandising avant l’ouverture de la boutique, bien entendu en click and collect. Découvrons cette femme au talent immense, qui nous plonge dans son univers.

Vous avez créé votre marque en 2011, pouvez-vous revenir sur les différentes péripéties ?

J’ai créé TISS’AME avec une amie, Antonia. J’avais déjà une autre marque, Zenka (marque pour femme avec des tissus du monde). Comme je partais vivre à Dakar, je voulais travailler en direct avec les tisserands. A la base, c’était faire des basiques à base de pagne tissé d’Afrique de l’Ouest. A partir de 2014 – 2015, Antonia a quitté TISS’AME pour partir vers des projets personnels, et moi j’ai continué de développer TISS’AME en travaillant avec le savoir-faire d’Afrique de l’Ouest, à savoir le pagne tissé, le bogolan, la broderie, les indigos ainsi que le bronze.

D’où vient l’appellation TISS’AME ?

C’est tout simplement une contraction de tissage et âme.

Vous venez de sortir votre nouvelle collection, qui vient garnir une série déjà magnifique. Si vous nous parliez un peu de vos collections ?

Avant tout, il faut savoir que je sors deux collections par an. Elles ont chacune un thème différent et selon les collections, je change de savoir-faire. Elles ont toutes un nom et racontent une histoire. L’été dernier, elle s’appelait Thioffy Studio et je rendais hommage aux grands photographes portraitistes comme Oumar Ly ou Malick Sidibé. Il y a aussi eu, à cette saison-là, la collection Dunya, un hommage aux grandes femmes guerrières que je qualifie de reines et amazones d’Afrique.

En avril 2021, vous sortiez votre toute nouvelle collection, URBAN POP, pouvez-vous revenir sur sa conception ?

Contrairement aux autres collections, j’ai créé URBAN POP à Paris, car je n’ai pas pu partir à Dakar, compte tenu des événements actuels. La crise sanitaire due au Coronavirus et le confinement en France m’ont contrainte à ne pas me déplacer. Mes ateliers situés à Dakar ont donc travaillé sans moi. J’ai dû superviser à distance. Nous avons télétravaillé en quelque sorte. URBAN POP est une collection plus urbaine et je suis sortie des broderies traditionnelles pour rendre hommage à Jean-Michel Basquiat, un artiste-peintre américain. J’étais à New York avant la pandémie et cette ville est ressortie de moi maintenant. A savoir pourquoi ? Je me dis que parfois, on ne sait pas toujours pourquoi.

Vous avez précédemment réaménagé dans un autre arrondissement, toujours dans Paris. Comment s’est passé votre déménagement ?

Depuis 2018, j’ai créé une boutique concept store autour du savoir-faire d’Afrique qui s’appelle IWIT. Nous étions situés à Montmartre. A la suite de la pandémie, nous avons déménagé dans le 11ème arrondissement de Paris parce que Montmartre est un quartier qui a énormément souffert de cette situation pandémique. De plus, très peu de Parisiens vivent à Montmartre. J’ai donc préféré me situer dans un quartier plus parisien, avec des citoyens qui consomment local et ainsi me rapprocher de ma clientèle située dans ces quartiers-là.

Au sein de IWIT, nous sommes plusieurs créateurs tous travaillant en petite série ou en pièce unique. On travaille avec le savoir-faire du fait main : il y a des créateurs de prêt-à-porter, de bijoux ainsi que de décoration, accessoires et maroquinerie. La rue Keller est assez commerçante, vivante. On y sent bien le bouillonnement parisien. Nous avons bien fait de déménager, et ainsi retrouver des touristes que nous n’avions pas eu dernièrement.

Tissame
Tissame
Suivez Afrik.com sur Google News Newsletter