Algérie : visa pour les binationaux sans passeport algérien, « pagaille » dans les consulats

A partir du 1er janvier 2016, soit dans deux semaines, les binationaux ne possédant pas le passeport algérien devront obligatoirement présenter un visa pour entrer en Algérie, ont indiqué les autorités. Une question qui fait polémique qui crée « plus de pagaille dans les consulats », a indiqué un député.

Véritable course contre la montre. En ce sens qu’à compter du 1er janvier 2016, donc dans quasiment deux semaines, les binationaux qui ne possèdent pas le passeport algérien devront obligatoirement présenter un visa pour entrer en Algérie. Djamel Bouras, député FLN du Nord de la France par ailleurs vice-président de l’Assemblée populaire nationale, est revenu sur la question qui faut polémique en Algérie comme en France.

L’Elu qui a révélé qu’il y a « au moins 1,2 million d’Algériens en France qui n’ont toujours pas leurs passeports biométriques » a indiqué que « depuis 2012, nous avons toujours signalé, soit au niveau de l’Assemblée nationale, soit au niveau du ministère concerné, que les consulats n’ont plus les capacités d’accueil nécessaires à la communauté algérienne en France », souligne TSA. Djamel Bouras est d’avis que « le problème ne se pose presque plus à Bobigny, où il y a une amélioration et davantage de moyens. Le plus gros problème se pose à Vitry où la capacité d’accueil n’est pas suffisante par rapport à la demande ».

Annonçant que « de nouveaux locaux ont été achetés mais le temps que les travaux soient faits cela prendra sûrement un an et demi », il souligne qil est impossible « d’accueillir des personnes dans d’autres appartements. Les consuls et les personnes travaillant dans les consulats doivent comprendre qu’ils sont au service de la communauté algérienne et les servir avec respect. Même chose pour les ressortissants algériens, le respect doit être mutuel ». Revenant sur les passeports biométriques, il révèle que « seulement un million de documents ont été délivrés en France alors qu’il y a deux millions de ressortissants algériens immatriculés… Aujourd’hui, il y a au moins 1,2 million d’Algériens en France qui n’ont toujours pas leurs passeports biométriques ».

Encore plus de pagaille dans les consulats

Pointant le consulat général à Paris qui a « acheté des locaux de 6 000 ou 7 000m². Ils peuvent régler le problème en mettant temporairement à disposition ces locaux pour le développement des passeports numériques à destination des consulats de France. Les dossiers ne devraient pas être renvoyés en Algérie. Le problème ne se pose pas au niveau du ministère de l’Intérieur, mais au niveau des Affaires étrangères, car au lieu d’utiliser les vols d’Air Algérie qui partent plusieurs fois par jour à partir de plusieurs villes françaises, ils ne font le transfert qu’une fois par semaine. C’est un exemple parmi tant d’autres ». Djamel Bouras reconnait les efforts faits par le ministère algérien des Affaires étrangères, cependant pour lui « aujourd’hui, la solution pour régler définitivement le problème, c’est de mettre une structure à Paris qui développe les passeports sur place sous la supervision d’une équipe du ministère de l’Intérieur et des Affaires étrangères. À Alger, il y a un problème de transport et de tri donc on perd du temps ».

Revenant sur le visa obligatoire, à partir du 1er janvier 2016, pour les binationaux ne possédant pas le passeport algérien, le député souligne avoir « demandé aux autorités concernées de faciliter la tâche aux binationaux afin qu’ils puissent rentrer avec leur CNI. En France, par exemple, quand un Français arrive au niveau de la PAF, il passe directement avec la carte d’identité. Pas besoin de montrer le passeport ! Aujourd’hui, j’ai reçu une trentaine de coups de fils de binationaux inquiets qui me demandent des informations. En plus du retard dans la délivrance des passeports biométriques, cela va provoquer encore plus de pagaille dans les consulats. J’ai fait une demande au niveau du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Intérieur pour voir s’il y a possibilité de laisser les binationaux rentrer avec leur CNI jusqu’au mois de juillet et pour les vacances ». Une question qui demeure entière.