Algérie : une émission suspendue pour avoir parlé de corruption

Une émission satirique diffusée sur la chaine privée algérienne El Djazaïria TV a été suspendue suite à des « pressions intenables » de la part des autorités.

Une fin amère pour « El Djazaïria Week-end » qui, le 17 avril dernier, a été consacrée au sujet de la corruption en Algérie. Les chroniqueurs et journalistes de cette émission avaient dévoilé notamment les noms de certains hommes politiques algériens ou de leurs enfants mêlés à ces affaires.

Ce sujet faisait suite à la parution en France du livre « Alger-Paris : une histoire passionnelle » de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, dans lequel ces derniers dévoilaient l’identité de responsables algériens ayant acquis des biens immobiliers à Paris.

Après la diffusion de la séquence polémique, la direction de la chaîne a reçu un « avertissement » formel du gendarme de l’audiovisuel lui reprochant les « dérives répétitives » de l’émission. L’équipe de « El Djaraïria Week-end », a par la suite subi de « fortes pressions » de responsables du gouvernement qui ont notamment passé plusieurs coups de téléphone.

Face à cette pression « intenable », Abdou Semmar, l’auteur du sujet sur la corruption s’est expliqué sur l’arrêt de cette émission satirique : « Nous avons réalisé un dernier numéro vendredi, en choisissant d’arrêter l’émission plutôt que d’infléchir la ligne éditoriale comme on nous le proposait ».

Un rassemblement le 1er mai

Suite à cette censure, un appel a été lancé par de nombreux journalistes et travailleurs de la presse, militants associatifs et représentants syndicaux. Selon Algérie-Focus, ces derniers dénoncent « les formes de pressions récurrentes sur la presse nationale (publique et privée), notamment les pressions politiques exercées à l’encontre des animateurs de l’émission « Djazaïria Week-End »».

Bien décidés à ne pas « se taire », ils appellent à un grand rassemblement de solidarité le vendredi 1er mai devant la Place de la liberté de la presse, à Alger, à deux jours de la journée mondiale de la liberté d’expression.