Algérie : Tebboune en fait-il « plus » que Bouteflika ?

Le nouveau Président algérien, Abdelmadjid Tebboune

Le nouveau régime algérien, incarné par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, semble versé dans la répression avec l’accusation classique d’« atteinte à l’unité nationale » collée à tout-va pour envoyer les Algériens en prison.

En Algérien, la question de savoir s’il y a réellement une unité nationale mérite d’être posée, avec tout ce qu’il y a comme contestation et contestataires. Ce, bien avant même le départ forcé de l’ex-Président, Abdelaziz Bouteflika. Ces contestations s’étant poursuivies avec le nouveau régime, qui casse de plus en plus d’Algériens.

Le dernier fait en date, la condamnation du militant du Hirak, Yacine Mebarki, à dix ans de prison ferme. Le militant est poursuivi pour « incitation à l’athéisme, offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’Islam et atteinte à l’unité nationale ». La police avait découvert un exemplaire Coran dont une page avait été déchirée, lors d’une perquisition à son domicile.

Yacine Mebarki, habitant du sud-est d’Alger, a en outre été condamné à verser une amende de 10 millions de dinars, l’équivalent de 65 000 euros (environ 40 millions FCFA). Interpelé le 30 septembre, le prévenu a vu le tribunal de Khenchela prononcer cette lourde peine à son encontre, le 8 octobre. La plus lourde sanction pénale contre un membre du Hirak.

Le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLTD) a détaillé que les forces de l’ordre ont constaté qu’une page manquait d’un vieil exemplaire de Coran ayant appartenu au grand-père du militant. Ce qui lui a valu une citation directe dès le lendemain devant le juge d’instruction. Yacine Mebarki est poursuivi pour « incitation à l’athéisme, offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’Islam et atteinte à l’unité nationale ».

« Atteinte à l’unité nationale ». C’est désormais le procédé classique dans une Algérie plus que jamais incertaine et désunie. Ce chef d’inculpation prévu par l’article 79 du Code pénal algérien, le journaliste Khaled Drareni en a fait les frais, pour avoir couvert une manifestation du Hirak.

Le Hirak, qui a combattu l’ex-Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, et obtenu sa tête, après des vendredis de fortes contestation, semble tomber sur pire. Car l’ancien régime, aux dernières nouvelles, n’a jamais infligé pareille peine à un simple contestataire.