Algérie : Saïd Sadi renonce à la présidence du RCD

À Alger, lors du congrès du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) du vendredi 9 mars, son président, Saïd Sadi a annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat à la tête du parti d’opposition, estimant vouloir « laisser la place aux jeunes ».

« Je vous annonce ma décision de ne pas me représenter au poste de président du RCD », a lancé Saïd Sadi en ouverture de son discours inaugural à ce congrès qui durera deux jours. Le député algérois a également concédé « avoir longtemps réfléchi », pendant qu’une centaine de militants et participants faisaient entendre leur mécontentement par des chuintements et des huées, rapportent nos confrères de TV5.

Saïd Sadi, cofondateur du RCD en 1989 lors de l’ouverture de l’Algérie au multipartisme, a d’abord été le Secrétaire général de cette formation avant d’en occuper la présidence. Il a aussi exprimé le désir de contribuer « à fédérer d’autres énergies » en soulignant que « la société civile a besoin d’être réanimée ».

Le RCD, qui disposait de 19 députés sur 489 dans l’Assemblée sortante, a dernièrement fait part de son intention de boycotter les élections législatives du 10 mai, jugeant que ce scrutin sera une nouvelle fois entaché d’irrégularités et de fraude.

Cette formation politique est considérée comme rivale du Front des Forces Socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed, parti historique qui participera cette année au scrutin après l’avoir boycotté en 2007.

Suite aux émeutes sanglantes qui avaient eu lieu en janvier 2011, Saïd Sadi avait prôné des manifestations hebdomadaires contre le gouvernement algérien, entrainant ainsi la scission du mouvement Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD). L’impact de ces mouvements de protestation s’est retrouvé diminué par d’importants dispositifs des forces de sécurité. Les manifestations attirant de moins en moins de partisans, se sont finalement arrêtées quelques semaines plus tard. Néanmoins, sa détermination à vouloir manifester tous les samedis lui avait valu le surnom de « Saïd Samedi ».

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