Algérie : sa jupe « trop courte », une étudiante empêchée de passer son examen !

Une étudiante en droit qui se rendait à un examen, le 9 mai dernier, à l’université d’Alger, n’a pas pu rentrer car sa jupe a été jugée trop courte. Les Algériens ont réagi à cette polémique sur la toile.

La jupe fait l’actualité en ce moment. Trop longue en France et trop courte en Algérie, difficile de trouver le juste milieu ! Une étudiante en droit a été empêchée de rentrer à l’université pour passer son examen car sa jupe était jugée trop courte.

Les explications du recteur de l’université, qui a pris fait et cause pour l’agent de sécurité expulseur, ne semblent pas convaincre les internautes. « Le règlement n’oblige personne à porter le hidjab ou tchador. Mais il exige une tenue décente, aussi bien pour les filles que pour les garçons. Il faut comprendre que la faculté est un lieu de culture. La fille portait une mini-jupe, qui était au-dessus du genou, et non une robe », explique Mohamed Tahar Hadjar, alors recteur de la faculté d’Alger, fraîchement nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

En réaction à ce nouvel épisode de la « polémique jupe » et aux propos du recteur de la faculté d’Alger, les internautes, solidaires avec l’étudiante, ont posté des photos de leurs jambes en signe d’indignation.

Une page Facebook « Ma dignité n’est pas dans la longueur de ma jupe ». a même été créée par la réalisatrice Sofia Djama, sur laquelle elle s’est exprimé sur ce qui s’est passé en signalant que cet incident n’est pas banal.

Elle a écrit: « C’est comme un aveu d’échec, le corps de la femme devient un champ de bataille quand la situation d’un pays est désastreuse. A force de rester silencieuses, on perd nos petits acquis et la condition de la femme dans l’espace public régresse. Aujourd’hui, la violence verbale est quotidienne et normalisée ».

« C’est hyper violent de marcher dans la capitale, à Alger, en jupe ou en pantalon. Même montrer ses bras est devenu problématique, mais les femmes le font. Au pire, c’est une main baladeuse, au mieux, une remarque ».

Le premier épisode de la « jupe » s’est déroulé en France, ou une lycéenne de 15 ans scolarisée à Charleville-Mézières, s’est vue refuser l’accès à l’établissement scolaire, les 16 et 25 avril, à cause de sa jupe jugée trop longue.