Algérie : quand Saïd Bouteflika refuse de répondre à l’autre « bande de la mafia »

Saïd Bouteflika, frère de l'ex-Président d'Algérie

Alors qu’il est condamné à une peine de 15 ans de prison, Saïd Bouteflika, frère de l’ancien Président d’Algérie, Abdelaziz Bouteflika, comparaissait devant le tribunal en tant que témoin. Le frère cadet de l’ex-dirigeant poussé à la démission a refusé de parler.

Saïd Bouteflika, qui fait partie de ceux que le chef d’état-major des armées algériennes, Ahmed Gaïd Salah notamment, appelle « la bande, la mafia » faisait face au juge, ce samedi 7 décembre 2019. Le frère de l’ancien Président, qui avait été condamné à 15 ans de prison au mois de septembre par le tribunal militaire de Blida pour complot contre l’autorité de l’Etat, comparaissait comme témoin dans une affaire de corruption d’anciens dirigeants.

Ali Haddad, l’ancien « patron des patrons », accusé de financement illégal de la campagne d’Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat, avait été mis en cause, jeudi, par un autre homme d’affaires, Ahmed Mazouz, qui l’accusait d’avoir récolté des fonds pour le soutien à la campagne de ce cinquième mandat. Ali Haddad a, pour sa part, enfoncé Saïd Bouteflika, qui, dit-il, lui avait demandé, le 6 février dernier, de récupérer l’équivalent de 6 millions d’euros au siège de campagne et de les mettre à l’abri dans les locaux de sa propre entreprise.

Une grave déclaration qui a conduit le procureur à demander la comparution de Saïd Bouteflika comme témoin. Sauf que le frère de l’ancien Président, jugé aujourd’hui par un système avec le quel il a jusque-là œuvré, avant son arrestation ; lequel système, piloté en amont de la démission de son frère, comme en aval, par le général Ahmed Gaïd Salah, n’a pas jugé utile de répondre. Car Gaïd Salah, qui garantissait la stabilité du pouvoir à Abddelaziz Bouteflika, tant qu’il sera à la tête de l’armée. le général Salah, qui les appelle « la bande, la mafia », devrait en effet avoir toutes les informations. .

Interrogé sur le fait qu’il aurait demandé à des hommes d’affaires de réunir de l’argent pour financer la campagne du cinquième mandat de son frère, Abdelaziz Bouteflika, Saïd Bouteflika, qui devait également donner des précisions sur les sommes d’argent à réunir et sur les instructions qu’il a données, n’a pas dit un mot dans ce procès qui oppose donc « la bande, la mafia » à une autre « bande », à une autre « mafia ».