Algérie : quand Ayrault donne des nouvelles de Bouteflika !

Le chef du gouvernement français Jean-Marc Ayrault raconte sa rencontre avec le Président de la République algérienne Abdelaziz Bouteflika. Ayrault décrit un homme qui se porte bien, mais qui n’a fait aucune apparition publique depuis son retour à Alger.

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault a raconté, mardi à Oran, sa rencontre avec le Président Bouteflika. « L’entretien de 45 minutes s’est très bien passé, c’est quelqu’un de très courageux après sa maladie », a affirmé Jean-Marc Ayrault aux journalistes et aux neuf ministres qui l’ont suivi durant son déplacement en Algérie. La visite de Ayrault avait pour objectif de donner un « nouvel élan » économique aux relations entre la France et l’Algérie, un an après la visite de François Hollande.

Le chef du gouvernement français précise que Bouteflika, qu’il a rencontré lundi à Alger, « est très bien informé sur les dossiers ». « J’ai été très surpris qu’il suive à ce point la situation », a-t-il ajouté. Bouteflika, qui s’opposait fermement à une intervention militaire française au Mali, aurait dit à Ayrault : « Soyez fiers de ce que vous avez fait au Mali, dites-le au Président Hollande ».

Des nouvelles, mais aucune apparition

Toutes ces déclarations de Jean-Marc Ayrault vont à contre-pied de ce qu’avance la presse algérienne, à savoir un Président très affaibli et totalement absent du champ politique en Algérie. Bouteflika, âgé de 76, a été victime d’un AVC en avril dernier, a été hospitalisé durant 80 jours à Paris. Mais depuis son retour à Alger, le 16 juillet, l’entourage du Président affirme que celui-ci a repris ses fonctions, bien qu’il soit à l’écart de la vie politique.

Le deuxième homme du pays, Abdelmalek Sellal tente tout de même de rassurer l’opinion. « Il va très bien, il vous embrasse », a déclaré lundi le chef du gouvernement algérien à une journaliste qui l’interrogeait sur l’état de santé du chef d’Etat algérien et son éventuelle intention de briguer un quatrième mandat. « S’il veut poursuivre sa mission, il décidera en son âme et conscience… Ne vous inquiétez pas (…) Il a les capacités, j’ai été à ses côtés longtemps, c’est un grand monsieur », a-t-il ajouté.

Le premier intéressé, Abdelaziz Bouteflika, n’a encore rien dit au sujet d’une éventuelle quatrième candidature.