Algérie : nouvelles tentatives d’immolation par le feu à Ouargla

Quatre jeunes chômeurs ont tenté de s’immoler par le feu sur le toit de la wilaya d’Ouargla, au sud de l’Algérie, afin d’obtenir un emploi. Une pratique devenue courante dans cette région du pays.

A Ouargla, au sud de l’Algérie, quatre jeunes ont tenté de se suicider collectivement sur le toit de la wilaya. Et pas n’importe comment, car ils avaient l’intention de s’immoler par le feu. Les quatre jeunes, munis de bouteilles d’essence, souhaitaient une promesse d’audience avec un poste à la clé chez le directeur de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM).

Le cabinet du wali leur avait pourtant délivré une lettre de recommandation pour être reçus au plus vite par le directeur régional de l’ANEM. Mais ce qu’ils ne savaient pas, c’est que tous les responsables de l’agence partaient en congés début août. Livrés à eux-mêmes dans une région où les responsables ne répondent pas facilement aux doléances des chômeurs, ces quatre jeunes ont tenté de commettre l’irréparable pour se faire entendre.

Des services inaccessibles

Ouargla, qui est considérée comme l’un des poumons économiques de l’Algérie grâce au pétrole de Hassi Messaoud, renoue souvent avec ce type de manifestation. Une tentative similaire avait lieu là aussi sur le toit de la wilaya lors de la première semaine du mois de Ramadan. Mais les six chômeurs qui avaient tenté de s’immoler par le feu ont connu, eux, un dénouement heureux. En mai 2012, une vingtaine de chômeurs voulaient commettre un acte identique.

Outré, un internaute lâche sa colère sur le site du journal El Watan face au refus des responsables de recevoir les citoyens algériens. Ce dernier considère que si les jeunes veulent se suicider c’est parce que les gouvernants ne prennent pas la peine de les écouter : « Sans pour autant inciter ces jeunes au suicide, bien loin de cela, je trouve vraiment scandaleux que les responsables algériens ne daignent pas, à ce jour, c’est-à-dire en 2014, recevoir leurs concitoyens pour qu’ils leur soumettent leurs doléances. Et pourtant, sous d’autres cieux, même le ministre en personne vous reçoit le plus normalement du monde, et dire que chez nous vous ne pouvez voir ni le sous-directeur et encore moins le directeur ! N’est-ce pas scandaleux cela ?!! Nos responsables continuent à narguer le peuple. Si ces jeunes en viennent à menacer de se suicider, c’est parce que nos responsables ne communiquent pas. Ils sont cloitrés dans leurs bureaux à gérer leurs affaires, rien d’autre. »