Algérie, Maroc, Sahara : quand Bouteflika et Mohammed VI s’affrontent par ministres interposés

Dans un discours prononcé à l’ouverture des travaux du Conseil national du Rassemblement National Démocratique (RND), le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a accusé le Maroc d’«agresser» le peuple algérien. Un autre front ainsi ouvert entre deux pays voisins, qui se regardent en chiens de faïence.

L’Algérie vient de jeter un nouveau paé dans la marre du Maroc. Après le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui a accusé le royaume de « blanchir l’argent du haschich via ses banques dans le continent », le chef du gouvernement algérien, Ahmed Ouyahia, accuse le Maroc d’agression.

Ce jeudi 18 janvier 2018, à l’ouverture des travaux du Conseil national du Rassemblement National Démocratique (RND), Ahmed Ouyahia a accusé le Maroc, sans le citer, d’«agresser» le peuple algérien en l’inondant de haschich et de cocaïne. Selon le chef du gouvernement algérien, « c’est une agression contre le peuple algérien et une tentative d’empoisonner la jeunesse algérienne », ajoutant que « c’est une ingratitude pour l’avenir des peuples maghrébins ».

Selon les sites marocains, le Premier ministre n’en est pas à son coup d’essai. En février 2017, alors qu’il était directeur du Cabinet du Président Abdelaziz Bouteflika, l’actuel chef du gouvernement algérien aurait accusé le royaume d’être derrière des mouvements séparatistes dans son pays. Cette nouvelle pique lancée au voisin marocain ne va point dans le sens d’huiler les relations entre les deux pays qui se regardent en chiens de faïence. Ce qui pourrait expliquer d’ailleurs le fait que Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, ne sera pas présent à Alger, ce dimanche 21 janvier, pour prendre part à la 14ème réunion des ministres des Affaires étrangères du Dialogue 5+5 sur la Méditerranée occidentale, comme l’a annoncé TSA qui cite des sources concordantes.

Un directeur du ministère des Affaires étrangères représentera le Maroc à cette réunion co-présidée par Abdelkader Messahel et son homologue français Jean-Yves Le Drian, souligne le site qui lie ce « boycott aux tensions récurrentes entre Alger et Rabat. Le Maroc reproche régulièrement à l’Algérie son soutien à la cause sahraouie ».