Algérie : marches et meetings contre le terrorisme

Ils étaient des milliers à prendre part hier au rassemblement populaire organisé à la coupole du complexe Mohamed Boudiaf à Alger pour dénoncer les attentats perpétrés dans la capitale mercredi dernier. Un rassemblement qui s’est tenu à l’appel de nombreux partis politiques et d’associations de la société civile.

Parmi les participants figuraient, par ailleurs, les membres du gouvernement, entre autres, les ministres du Travail et de la Sécurité sociale, des Travaux publics, des Sports, de l’Agriculture, de l’Enseignement supérieur et de l’Emploi et de la Solidarité. Etaient également présents, les chefs de formations politiques. Il y avait notamment Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN et chef du gouvernement, Bouguerra Soltani, président du MSP, Louisa Hanoune, porte-parole du PT. Le RND était représenté par Chihab Seddik, M. Ouyahia, selon ses proches, avait eu « un empêchement de dernière minute ». Etait également présent Abdelmadjid Sidi Saïd, patron de la centrale syndicale, ainsi que d’autres responsables du mouvement associatif et de la société civile. Un dispositif de sécurité important a été déployé au niveau de toute la capitale, plus particulièrement autour de la coupole. Salah Djenouhat, membre du bureau de l’UGTA, avait, par contre, la responsabilité de distribuer la parole.

A l’unanimité, les intervenants lors de ce rassemblement, qui a duré plus d’une heure, ont dénoncé et condamné le terrorisme en soulignant la nécessité de consolider la paix et la politique de la réconciliation nationale. Mme Louisa Hanoune était la plus ovationnée par les milliers de citoyens qui scandaient à tue-tête « Non à la destruction de l’Algérie. Tous contre les ennemis de l’Algérie », « La lutte contre le terrorisme continue »… Mme Hanoune a fustigé au préalable ceux qui ont justifié le terrorisme par la misère sociale. « De par le monde, la pauvreté et la misère sociale existent et beaucoup de pays qui sont aisés, contrairement à ce que l’on pense, connaissent le terrorisme. Donc il ne faut faire l’amalgame et brouiller les cartes », a lancé de vive voix Mme Hanoune. Celle-ci n’a pas raté l’occasion pour tirer à boulets rouges sur les Etats-Unis d’Amérique. Elle a d’abord critiqué l’ambassade des Etats-Unis pour avoir émis, samedi dernier, un avertissement contre d’éventuels autres attentats à Alger. « Nous avons bien saisi et compris le message que ce pays a voulu nous transmettre. Au PT, nous ne croyons pas à la thèse du terrorisme aveugle, le commanditaire des attentats du 11 avril est connu. C’est l’œuvre des personnes qui viennent de l’extérieur. La stabilité de l’Algérie dérange et par conséquent on veut la détruire », a-t-elle dit, sous une ovation debout de l’assistance. Plus loin, Mme Hanoune dira : « Nous devons unir nos forces car aujourd’hui, c’est l’Etat algérien dans son ensemble qui est ciblé. Il faut une mobilisation et nous sommes persuadés que l’Algérie survivra sans qu’elle tende la main aux autres. »

Appels à l’unité nationale

Parlant au nom du FLN, M. Belkhadem a indiqué que la meilleure réponse à la sauvagerie terroriste est que le peuple reste debout. « Contre le terrorisme et contre tous ceux qui veulent déstabiliser le pays, nous poursuivrons la politique de réconciliation nationale, dont l’architecte est le président Bouteflika », a lancé le chef du gouvernement à l’égard des citoyens. L’Etat et le peuple algériens doivent, de l’avis de M. Belkhadem, unir leurs efforts pour combattre le terrorisme. « Les commanditaires des attentats du 11 avril n’arriveront pas à replonger l’Algérie dans le noir ni à la mettre à genoux. Ils n’arriveront pas à détruire notre pays. Personnellement, je pense que le terrorisme a échoué, et le peuple à travers cette halte a démontré son opposition à ce fléau et sa position par rapport aux terroristes. La réconciliation nationale doit se poursuivre », fera remarquer le chef de file du FLN. M. Soltani estime qu’aujourd’hui, le terrorisme n’a plus de couverture, ni politique, ni religieuse, ni légitime et ni morale. « L’Algérie est forte et ses institutions aussi. Nous sommes en train de vivre un terrorisme d’un autre genre qui vise plus précisément les intérêts et les symboles de l’Algérie. L’exécuteur des attentats du 11 avril est un Algérien, la victime, ce sont des Algériens, la terre ciblée est l’Algérie, mais le but est extérieur et entre dans le cadre du terrorisme international », a soutenu M. Bouguerra Soltani qui estime que la participation des Algériens à ce rassemblement traduit son refus de la violence et du terrorisme.

Chihab Seddik, quant à lui, a réfuté toute tentative de justifier le terrorisme par la misère et fera remarquer que le peuple doit dire non à la passivité complice et au discours mou. « Le citoyen algérien doit faire preuve de vigilance. Il doit se mobiliser contre le terrorisme qui n’a pas un ancrage dans notre pays. Un pays qui a besoin plus que jamais de stabilité », a déclaré Chihab, membre du bureau national du RND. Sidi Saïd, de son côté, a dénoncé et condamné les attentats au nom de tous les travailleurs algériens. Par ailleurs, dans une motion de soutien, les organisateurs de ce rassemblement ont proclamé leur soutien inconditionnel au processus de réconciliation nationale tout en appelant les Algériens à « participer massivement » aux élections législatives du 17 mai « en guise de réponse » aux attentats ignobles perpétrés le 11 avril dernier.

Nabila Amir, pour El Watan