Algérie : les malades s’acharnent contre le personnel soignant en grève

Le mouvement de grève auquel a appelé l’Intersyndicale du secteur de la santé, pèse lourdement sur les centres de soins. Face à cette situation, les malades assistent, impuissants, à la dégradation de leur état de santé.
Colère et incompréhension des malades

Les grévistes qui justifient leur mouvement d’humeur par « leurs mauvaises conditions socioprofessionnelles que la tutelle ignore », sont obligés, chaque jour, de faire face à la colère et l’incompréhension des malades. Cette grève fait partie des nombreuses actions de protestation menées depuis le début de l’année 2013. A ce jour, plusieurs rencontres ont été initiées entre les syndicats des professionnels de la santé et le ministère de tutelle, mais les deux parties n’arrivent toujours pas à trouver un terrain d’entente. Si le Secrétaire général du SAP (Syndicat algérien des paramédicaux) reste ferme quant à la nécessité et l’urgence de trouver une solution à leur mouvement de protestation, entamé depuis le 29 avril dernier, des responsables du ministère sont d’avis que « ce débrayage est illégal ».

Le Gouvernement parle d’abandon de poste

«A ce jour, aucune réaction concrète de la part de la tutelle. Bien au contraire, elle garde le mutisme total. Et nous sommes déterminés à poursuivre cette grève illimitée. Car à chaque fois, on ne nous fait que de fausses promesses», notent les protestataires qui précisent que « l’administration menace l’ensemble des grévistes. Le Gouvernement brandit le motif d’abandon de poste, l’absence de service minimum entre autres. Et ils demandent à ce qu’une liste des grévistes soit dressée. Sauf que nous avons décidés de ne plus répondre à leurs correspondances». Après les dernières déclarations du ministre de la Santé, selon qui «il est hors de question de réviser le statut particulier et le régime indemnitaire», les syndicalistes du secteur en question n’ont pas manqué d’apporter une réplique très salée. Ils sont allés jusqu’à accuser la tutelle de favoriser le secteur privé.

L’Intersyndicale de la santé ne compte pas reculer

En outre, des «instructions fermes» ont été données aux responsables des établissements publics de santé. Ils sont sommés d’opposer à cette grève «toutes les dispositions réglementaires prévues à cet effet, notamment assurer la continuité du service public et veiller au bien-être des usagers de certains hôpitaux. Toutefois, la révision, du statut particulier et du régime indemnitaire ainsi que l’ouverture du concours pour l’accès au grade de praticien-chef pour les spécialistes, sont toujours maintenues comme doléances. Et l’Intersyndicale de la santé ne compte en aucun cas monnayer ces revendications contre de vils profits.

En attendant que la situation connaisse un dénouement heureux, les malades souffrent le martyr et ne savent plus à quel saint se vouer. Des rendez-vous reportés à une date ultérieure, des interminables queues.. Bref, tel est le décor qu’offrent les hôpitaux algériens, notamment dans le centre du pays où le mouvement de débrayage est largement suivi.