Algérie : les chefs d’entreprises craignent l’adhésion à la Zone arabe de libre-échange

Alors que l’heure de l’adhésion de l’Algérie à la Zone arabe de Libre-échange a presque sonné, les opérateurs économiques algériens en demandent le report. Une requête que le Forum des chefs d’entreprise, réuni le week-end dernier dans la banlieue d’Alger, a formulée. Il met en avant l’incapacité des entreprises locales à faire face aux défis qui découleront de l’adhésion.

Notre correspondant en Algérie

L’adhésion de l’Algérie à la zone arabe de libre-échange, promulguée par décret présidentiel du 24 août 2004, sera officielle à partir de janvier 2009. Les opérateurs économiques algériens, qui en demandent le report, ont laissé planer le doute quant à la performance des entreprises algériennes. Ils estiment qu’elles n’auront rien à gagner dans cette adhésion.

C’est ce qui ressort d’une rencontre initiée, samedi, par le Forum des chefs d’entreprise, en son siège, à Chéraga, dans la banlieue d’Alger. «Nous n’aurons rien à gagner de la zone arabe de libre-échange», ont tenu à préciser les opérateurs économiques, non sans afficher des appréhensions quant aux capacités des entreprises algériennes à faire face aux grand défis qui les attendent.

Le président du Forum des chefs d’entreprises, M. Réda Hamiani, n’a pas manqué de plaider en faveur du report de l’échéance pour permettre aux entreprises locales de mieux s’y préparer.

L’absence de concertation dénoncée

Loin d’être réticent à l’ouverture de l’économie de l’Algérie sur le monde, M. Hamiani souhaite voir cette adhésion se faire «en concertation» avec le monde de l’entreprise. «L’absence de concertation et de dialogue» entre les pouvoirs publics et le patronat autour de cet accord, risque selon les chefs d’entreprises de « jouer un mauvais tour » à l’économie nationale qui est loin d’être très compétitive.

Comme conséquences directes de cette adhésion, les opérateurs locaux présagent la fermeture des usines dans les secteurs fragiles. Un résultat du déversement des produits des pays arabes sur le marché algérien. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les chefs d’entreprises demandent de «différer l’application de cet accord de deux ans, afin d’élaborer un plan d’action» conséquent, en mesure de contourner les risques.

Tous les opérateurs s’accordent à pointer du doigt la bureaucratie qui est à l’origine des différents dysfonctionnements qui pénalisent encore l’entreprise algérienne, l’empêchant sérieusement de s’épanouir.