Algérie : les boulangers menacent de durcir le ton

Les boulangers algériens menacent de reprendre leur mouvement de grève si le gouvernement se mure dans le silence.

Les boulangers algériens persistent et signent : le prix de revient du pain est de 11,72 DA. Ils estiment que leur mouvement de grève décidé ce mardi a été suivi à 80% à l’échelle nationale. Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, qui considère que la grève des boulangers était « illégale » n’a pas su convaincre les initiateurs du mouvement, le Comité national des boulangers (CNB).

Le président de la Fédération nationale des boulangers (FNB), Youssef Kalefat, relevant de l’UGCAA, a laissé entendre que le recours à la grève nationale pour faire aboutir les revendications est un « droit légitime ».

Même son de cloche du côté du le président du CNB, Maâmar Hentour, qui considère que la décision de la grève était l’ultime recours pour se faire entendre.

Le Comité National des Boulangers réitère son appel à l’ouverture d’un dialogue avec le département de M. Benbada autour de leurs revendications qu’il juge « légitimes ». Selon les boulangers grévistes, le prix du pain qui reste inchangé depuis l’année 1996 et doit être revu à la hausse. Il n’est plus question de « travailler à perte ». Mais les autorités du pays, toujours fidèles à leur politique de subvention des prix des éléments de base, à savoir le lait et le pain, ne l’entendent pas de cette oreille. « Le prix du pain n’augmentera pas », laisse t-on entendre.

Pour évaluer le cout réel de la baguette de pain que les boulangers estiment à 11,72 DA, une commission dans ce sens a été installée en mars dernier.

Elle est composée de représentants des ministères du Commerce, des Finances et de l’Agriculture, de la FNB, de l’Office algérien professionnel des céréales et du groupe industriel ERIAD. Comme les résultats ont tardé à venir, les boulangers n’ont pas attendu pour débrayer massivement. Mais ce mouvement sera reconduit si le gouvernement continue de se murer dans le silence.

Face aux citoyens qu’ils ne veulent aucunement pénaliser, les responsables de cette organisation demandent : « Que les citoyens nous comprennent, les conditions dans lesquelles nous exerçons notre métier sont entièrement défavorables ».

L’avertissement est lancé. Dans le cas où le comité ne reçoit pas de réponse de la part du gouvernement, « la grève reprendra ».