Algérie : le trafic de stupéfiants prend des proportions alarmantes

Le trafic des stupéfiants s’accroit dangereusement en Algérie, où les milieux juvéniles sont les plus touchés. Les wilayas du sud ouest du pays sont pourvoyeuses de cette substance « destructrice ». Plusieurs tonnes y on été saisies depuis le début de l’année. Pas plus tard que mardi, 86 quintaux de vannabis ont été saisis à Tindouf par les garde-frontières.

Notre correspondant en Algérie

L’Algérie est devenue une plaque tournante du trafic de drogue. C’est un phénomène nouveau pour ce pays qui ne lésine pourtant pas sur les moyens répressifs pour le juguler.

Ce mardi, les garde-frontières de la wilaya de Tindouf, dans le sud ouest du pays, ont réussi à mettre la main sur un groupe de narcotrafiquants en possession de 8,6 tonnes de kif et de tout un arsenal de « bataille ». Un fusil mitrailleur avec 470 cartouches, 4 pistolets mitrailleurs avec 16 chargeurs et 901 cartouches, 1 téléphone satellitaire et 1 appareil GPS, composaient leur équipement pour mener à bon port leurs différentes opérations. Ils ont été pris en embuscade à 65 km à l’est de Hassi Lekhbi.

Les gardes-frontières sont parvenus à immobiliser trois véhicules et arrêter deux trafiquants. Mais plusieurs d’entre eux ont réussi à prendre la fuite à bord du quatrième véhicule, a-t-il été précisé dans un communiqué diffusé mercredi par le commandement de la Gendarmerie nationale.

A en croire le bilan de la gendarmerie nationale algérienne, 26 671, 395 kilogrammes de kif traité ont été saisis entre février et novembre 2008 dans la seule wilaya de Bechar. Et du début de l’année jusqu’à septembre 2008, près de 18 tonnes de cannabis et quelque 900 000 comprimés de psychotropes ont été saisis dans le pays, selon le directeur de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT), Abdelmalek Sayeh. Même si les autorités algériennes poursuivent sans relâche leur combat contre ce phénomène qui prend une courbe ascendante, son endiguement semble s’inscrire au chapitre de l’impossible. Des réseaux maffieux ont tissé leurs toiles à travers les différentes villes du pays où la criminalité va crescendo.

La course à l’opulence et au gain facile séduit nombre de jeunes Algériens. Le braquage, les hold-up, le trafic de drogue, de de billets de banque, progressent et rendent les grandes villes moins sûres. Et ce développement de cette criminalité ajouté à celui du terrorisme fait de l’Algérie un pays de plus en plus vulnérable et difficile à vivre pour ses habitiants.

Lire aussi:

 Algérie : Adrar, la Californie de l’opium

 L’Algérie devient (presque) un pays producteur de drogue

 La culture du Pavot et du cannabis prend de l’ampleur en Algérie