Algérie : la santé de Bouteflika toujours en question

Alors que le Président Bouteflika séjourne toujours à l’hôpital des Invalides à Paris, afin d’observer une période de soins et de réadaptation fonctionnelle, les spéculations vont bon train quant à son aptitude à mener à bien sa fonction suprême.

(De notre correspondant)

Cela fait plus d’un mois que le président algérien Abdelaziz Bouteflika se trouve en France pour se faire soigner à la suite d’un accident ischémique transitoire « sans séquelles ». Son vrai état de santé est toujours sujet à un black out. Même si les communiqués des officiels se veulent rassurants, il n’en demeure pas moins qu’ils ne sont pas crédibles. C’est pour cela que la société civile demande de lever le voile sur ce sujet qui reste au centre des préoccupations, depuis 45 jours maintenant.

L’application de l’article 88 stipulant : lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil Constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement. Ses défenseurs se trouvent dans une bonne partie de la classe politique y compris les islamistes. Des personnalités issues du mouvement national algérien ayant pris part à la lutte pour le recouvrement de l’indépendance ont également joint leurs voix à celles réclamant le départ du président.

Le Premier ministre, qui a pris soin de se rendre en France en compagnie d’autres officiels, au chevet du locataire d’El Mouradia, se veut toujours optimiste. Lundi, Abdelmalek Sellal s’est dit agacé par la focalisation autour de la santé du président Bouteflika et a regretté que l’information officielle soit démentie. Mardi, un bulletin de santé a été établi mais sans précision aucune sur la durée de convalescence du chef de l’Etat algérien.

Il fait référence à une rééducation fonctionnelle, mais tout porte à croire que l’AVC dont a été victime l’homme fort de l’Algérie a eu pour conséquence d’affecter ses fonctions motrices. Ce qui donne lieu à l’alarmisme quant à son maintien prolongé en milieu hospitalier. Les déclarations des uns et des autres se rapportant au rétablissement du Président et son retour imminent aux affaires courantes ont manqué de convaincre même les plus crédules. Ceci a ouvert la voie aux supputations et aux calculs malsains ainsi qu’aux luttes de clans.

Le pays tarde, donc, à quitter cette période d’incertitude, l’une des plus cruelles depuis sont accession à l’indépendance en juillet 1962.