Algérie : la marche (arrière) des privatisations

La privatisation des entreprises publiques algériennes victime des baronnies démocratiques. Difficile de croire en l’efficacité de l’administration Bouteflika.

Trois ans après le début de la campagne de privatisation en Algérie, deux ans après le décret exécutif du 7 juin 1998, le Conseil national de privatisation de l’Etat (CNPE), réuni mercredi dernier, a constaté qu’aucun dossier n’était complet.

Pas une des entreprise listées n’est privatisable en l’état. Cette nouvelle reprise par le quotidien Liberté d’aujourd’hui fait plutôt désordre alors que se multiplient les rumeurs d’une ouverture imminente du capital des télécoms algériens.

Pour Liberté, cet échec morte la marque de lourdes incompétences au sein des holdings et les conseils de privatisation chargé de mener à bien la réforme. Il critique clairement l’action du ministre chargé du dossier, M Benbitour.

Conflits de compétences

En cause, des lenteurs surprenantes entre les dates d’évaluation des entreprises et celles de leur mise en vente sur le marché. Ainsi un lot de huit briqueteries qui est évalué sur la base de la situation financière de 1997, alors que la cession de privatisation n’a toujours pas eu lieu. Le taux d’inflation en Algérie a été de 6, 8% en 1997, de 6% en 1998.

En cause : un conflit de compétences entre les holdings et le Conseil de la privatisation qui se disputent les filiations des unités des entreprises publiques. Toujours selon Liberté, un conflit de ce type aurait retardé le dossier de privatisation de dix hôtels urbains et motivé le  » niet  » de la commission de contrôle des privatisations, concernant huit briqueteries.

Mieux : personne n’est d’accord sur la prise en charge du passif.

Le gouvernement a du pain sur la planche s’il veut, comme il l’avait annoncé, mener à terme un vaste plan de privatisation de deux cent entreprises publiques.